Articles Tagués ‘université’

A l’initiative des élu.e.s étudiant.e.s de l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s, le Conseil d’Administration de l’Université de Franche-Comté a adopté à l’unanimité une motion de soutien aux étudiant.e.s et aux universitaires qui subissent les vagues de répression du gouvernement fascisant de l’AKP et d’Erdogan en Turquie.

Quelques jours plus tôt, c’est le conseil de gestion de la faculté de lettres et sciences humaines (UFR SLHS) qui adoptait à l’unanimité une motion similaire.

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La motion présentée par l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s :

La démocratie en péril en Turquie : solidarité avec les étudiant.e.s et universitaires destitué.e.s, arrêté.e.s ou emprisonné.e.s !

 Depuis la mise en échec de l’AKP aux élections de juin 2015, le gouvernement turc a décidé de mener une répression sanglante contre la population kurde et de criminaliser toute autre opposition  (démocrates, militant.e.s syndicaux et des droits des LGBT, défenseur.ses des droits de l’Homme, avocat.e.s, universitaires pour la Paix, journalistes,…).

 En janvier 2016, alors que plus d’un millier d’universitaires, de chercheur.ses et d’intellectuel.les en Turquie – les « Universitaires pour la paix » – avaient signé une pétition demandant l’arrêt des massacres à l’encontre de la population kurde, la plupart avait ensuite fait l’objet de poursuites judiciaires et plusieurs dizaines d’entre eux avaient été arrêté.e.s ou destitué.e.s.

 Récemment, la tentative inacceptable de coup d’Etat du 15 juillet 2016 est devenue un prétexte à  la mise en œuvre d’une répression sans précédent contre l’ensemble des opposant.e.s démocrates et de la population kurde. L’établissement de l’état d’urgence permet au Conseil des ministres, depuis le 20 juillet dernier, de gouverner par décret en suspendant l’obligation du respect de la Convention européenne des droits de l’Homme.

 Après l’arrestation de plus 50 000 fonctionnaires dans les premiers jours suivant la tentative du coup d’Etat, le gouvernement a destitué, par décret, plus de 15 000 enseignant.e.s dont de nombreux.ses syndicalistes. 1900 doyen.ne.s des établissements publics et privés ont été suspendu.e.s de leur fonction. Plusieurs centaines d’étudiant.e.s sont également incarcéré.e.s en prison.

 Le Conseil d’Administration de l’Université de Franche-Comté dénonce vigoureusement la tentative de mise au pas de la société turque, les arrestations massives et arbitraires des opposant.e.s et les graves atteintes à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et aux libertés académiques. Il dénonce avec force la répression menée par le gouvernement turc et exige le rétablissement des universitaires dans leurs fonctions, la libération des étudiant.e.s emprisonné.e.s, la levée de l’interdiction qui est faite aux fonctionnaires de se déplacer à l’étranger et le respect des Droits humains. En outre, le Conseil d’Administration de l’Université de Franche-Comté mettra en œuvre toutes les mesures possibles pour accueillir et protéger dans son établissement les personnels, enseignant.es et étudiant.e.s des universités turques dont la liberté et la sécurité seraient menacées.

A Besançon, le 4 octobre 2016

 

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Mercredi 9 mars au matin, plus de 160 personnes se sont réunies en Assemblée Générale à la fac de lettres. L’AG a affirmé à l’unanimité sa volonté de lutter jusqu’au retrait total du projet de loi El Khomri. Elle a également constitué un comité de mobilisation (qui peut être contacté à cette adresse : comitedemobilisation.ufc@gmail.com).

Le 9 mars après-midi, la manifestation a rassemblé 4 000 personnes, avec un cortège de tête composé de plus d’un millier d’étudiant.e.s et de lycéen.ne.s ultra déterminé.e.s. La manifestation s’est terminée avec un concert en live de Yves Jamait sur le camion de Solidaires !

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Toutes les photos de la manifestation : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.797137593724488.1073741836.701266673311581&type=3

Le bulletin « facs en lutte » #1 du 3 mars : http://www.solidaires-etudiant.org/blog/2016/03/06/facs-en-luttes-bulletin-de-greve-1/

Le bulletin « facs en lutte » #2 du 12 mars : http://www.solidaires-etudiant.org/blog/2016/03/13/facs-en-luttes-bulletin-de-greve-2/

Le communiqué de Solidaires Etudiant.e.s : pourquoi notre fédération a refusé de se rendre à Matignon pour rencontrer Valls.

Le 15 mars, une nouvelle AG à la fac de lettres à rassemblé près d’une centaine d’étudiant.e.s et quelques lycéen.ne.s.

Le 17 mars, une manifestation est partie à 10h de la fac de lettres. Elle a rassemblé 400 étudiant.e.s et lycéen.ne.s, accompagné.e.s de quelques salarié.e.s syndicalistes. Le cortège s’est rendu devant plusieurs lycées, dont les grilles avaient été fermées par les directeurs d’établissement et par des barrages policiers, afin d’empêcher les lycéen.ne.s de se joindre au mouvement.

L’après-midi, un atelier création de banderoles, pancartes et fresques s’est déroulé dans la cour de la fac de lettres. Il a été suivi d’une conférence-débat amphi Donzelot, en présence de syndicalistes de la CGT, FO, FSU et Solidaires. Enfin, cette journée de mobilisation s’est terminée avec un concert gratuite sur la place Marulaz.

La semaine prochaine, la mobilisation continue, avec une assemblée générale à la Bouloie mardi 22 à  midi, et une nouvelle manifestation jeudi 24 mars, à 11h place de la révolution !

Retrouvez la page du Comité de mobilisation de l’Université de Franche-Comté : https://www.facebook.com/UnivFcomteContreLaLoiTravail/

Six organisations de jeunesse et étudiantes de Besançon lancent un appel à se mobiliser massivement le 9 mars contre la réforme du code du travail. Une assemblée générale est organisée à la faculté de lettres à 10h et une manifestation partira à 13h de la Place de la Révolution.

Précaires un jour, précaires toujours ? Les jeunes, étudiant.e.s, et lycéen.ne.s disent non au projet de loi Travail !

 A travers le projet de la Loi Travail, le gouvernement vient de déclencher une offensive sans précédent contre les jeunes et les salarié.e.s.  Nous, lycéen.ne.s, étudiant.e.s, jeunes chômeur.se.s, sommes déjà précaires pendant nos études et notre insertion professionnelle, il faudrait maintenant que nous acceptions d’être précaires à vie !

  Le contenu de ce projet, directement inspiré des revendications du MEDEF, représente un véritable retour au siècle dernier pour le monde du travail avec une fois de plus les jeunes comme cibles favorites. Les accords seraient négociés au sein de l’entreprise et primeraient sur les accords de branche et le Code du Travail, exerçant un dangereux chantage pour les salarié.e.s. Ceux-ci auront pour conséquences d’imposer des augmentations de temps de travail et des baisses de salaire aux salarié.e.s. Ce que le gouvernement nous promet c’est :

 – Travailler plus pour gagner moins : avec cette réforme le patronat pourra nous imposer des semaines allant jusqu’à 46 heures et des heures supplémentaires moins rémunérées qu’auparavant. Les apprenti.e.s de moins de 18 ans pourront être contraint.e.s de travailler jusqu’à 10h par jour et 40h par semaine.

 – Se faire virer plus facilement : les licenciements seront possibles sans réels motifs économiques et même de façon abusive avec le plafonnement des indemnités prud’homales

 – Augmenter encore le chômage : du temps de travail supplémentaire pour celles et ceux qui ont un emploi, et moins d’offres d’emplois disponibles pour notre génération alors que 25% d’entre nous sommes au chômage voire 40 ou 50% dans les quartiers populaires ou en Outre-mer.

  Avec cette réforme le gouvernement veut donc nous précariser à vie. La succession de réformes libérales renforce le bizutage social dont nous sommes victimes, nous obligeant à enchaîner les contrats précaires, les stages et les services civiques rémunérés à la moitié du Smic.

  L’ensemble de ces mesures est inacceptable et nous appelons tou.te.s les jeunes de ce pays à se mobiliser pour exiger le retrait du projet de loi Travail et des mesures immédiates pour la dignité des jeunes et des salarié.e.s :

  • Pour les apprenti.e.s et les stagiaires : rémunération et droits à la hauteur du poste occupé. Pas de rémunération en dessous du SMIC et mêmes droits que les autres salarié.e.s comprenant une protection sociale.
  • La mise à disposition de budgets supplémentaires pour offrir à tous les jeunes une éducation avec une formation de qualité. Mettre en place et une véritable protection sociale durant leurs études avec un revenu, ainsi que compter les années d’études dans le calcul de la retraite et de l’assurance chômage.
  • En finir avec la précarité : le CDI comme norme d’emploi, la répartition par la diminution du temps de travail sans baisse de salaire entre toutes et tous pour en finir avec le chômage et assurer une protection sociale suffisante à chacun, salarié.e.s comme personnes sans emploi.

Pour cela nous appelons tou.te.s les jeunes à se réunir, à débattre et à s’organiser dans les lycées, les universités, les quartiers et les entreprises.

 Nous appelons à rejoindre la journée nationale d’actions et d’initiatives de mercredi 9 mars, en participant à l’assemblée générale organisée à l’université à 10h (amphi Donzelot – fac de lettres) puis à la manifestation qui partira à 13h de la place de la Révolution.

 À l’image de la mobilisation contre le Contrat Première Embauche, où la jeunesse avait fait reculer le gouvernement aux côté des salarié.e.s, nous appelons à poursuivre le mouvement, notamment lors des journées de mobilisation intersyndicale.

 Les organisations signataires se retrouveront le mercredi 9 mars au soir pour discuter des suites de la mobilisation.

Signataires : AMEB Solidaires Etudiant.e.s, Collectif Jeune CGT, Action Populaire, Mouvement des Jeunes Communistes, Jeunes Ecologistes, NPA

Affiche 1 élections UFC 2016

Notre profession de foi pour les élections au Conseil d’Administration (CA) et à la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU) :

Pour accéder à la profession de foi en PDF, cliquez ici

 

Quelles différences entre les syndicats (comme l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s) et les corpos (comme la BAF à Besançon) ?

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Le 8 mars, ce sont les élections étudiantes à Besançon. Mais c’est aussi la journée internationale de lutte pour les droits des femmes !

Malheureusement, en 2016, certaines organisations ont encore tendance à considérer les femmes comme de vulgaires morceaux de viandes.
Et si on apportait notre voix à une liste résolument antisexiste ?

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Pour l’élection à la Commission Recherche (CR) de l’Université, à laquelle votent les doctorant.e.s, l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s apporte son soutien à la liste :

DOCTORANT.E.S SOLIDAIRES !

PF doctorants

La profession de foi en PDF de la liste Doctorant.e.s Solidaires

Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant.e.s du 19 février 2016 :

Masters : Stop à l’obsession de la sélection

Le conseil d’État a réaffirmé le 10 février l’illégalité de la sélection entre la première année du master (M1) et la deuxième année (M2). Cette sélection ne serait légale que dans le cas où le master en question figurerait sur une « liste limitative » établie par décret, ce qui est prévu par l’article L.612-6 du code de l’éducation. Le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur, Thierry Mandon, se félicite de cette décision dans un communiqué, avançant « le droit de tout étudiant à poursuivre ses études en master jusqu’au terme de ce cycle », dans le sens d’une « sécurisation » du « fonctionnement actuel ».

Entre les lignes se lit l’orientation du gouvernement qui comme d’habitude veut ménager la chèvre et le chou en protégeant l’ordre existant. Plusieurs scénarios sont possibles, mais le plus probable est que nous nous dirigions vers un renforcement d’un enseignement supérieur à deux vitesses, avec une sélection dans certains masters, en laissant le reste des masters « ouverts ».

Ce serait une réponse à l’agitation au sein des enseignant-e-s dont beaucoup réclament et défendent la sélection en master. Pour nous, il s’agit d’un mauvais combat. Le véritable problème c’est le manque de moyens : manque de moyens pour accueillir tous les étudiant-e-s qui souhaitent poursuivre leurs études, manque de moyens pour assurer plus de cours, en petits groupes. Manque de moyens pour des formations exigeantes et de qualité. Mais ce n’est ni la responsabilité des étudiant-e-s qui veulent s’inscrire en master, ni la responsabilité des enseignant-e-s. C’est la responsabilité des gouvernements successifs qui réduisent les moyens des universités et la création de postes d’enseignants-chercheurs. Le financement donné d’une main à travers les créations de postes annoncés par G. Fioraso ont été gelés pour combler les déficits créés… par l’argent que le gouvernement retire de l’autre main en dotation globale.

L’obsession de la sélection est un mauvais combat, car c’est un combat qui se fait au nom de valeurs réactionnaires au sens propre, de discours du genre « le niveau baisse », ou encore « master pour tout le monde, et après quoi, doctorat pour tout le monde ? ». Il y a un paradoxe à penser que la sélection garantit le niveau : on sait depuis longtemps que les indicateurs utilisés (dossiers scolaires, notes) ne permettent pas de prédire les progrès futurs des étudiant-es. Combien de fois des lycéen-nes « moyens » se sont révélés d’excellents étudiant-es ? (et vice-versa). L’absence de sélection n’implique pas l’absence d’exigence et de qualité dans les formations, mais cela ne peut être obtenu qu’avec des moyens humains et financiers adaptés aux besoins, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. C’est ce combat pour des moyens à la hauteur des besoins qu’il faut mener, c’est le combat que mène la fédération Solidaires étudiant-e-s. Rappelons que les luttes successives pour plus de moyens au début des années 2000 ont permis une augmentation (temporaire) du nombre de postes ouverts aux concours. Rappelons aussi que 5,5 milliards d’euros d’argent public partiront en 2016, comme chaque année, dans une niche fiscale honteusement appelée « crédit impôt recherche ».

Nous revendiquons :

  • L’absence de sélection en master et la garantie de pouvoir continuer ses études dans le domaine souhaité dans l’université souhaitée jusqu’au M2
  • Des moyens à la hauteur des besoins dans les universités et le reste de l’enseignement supérieur
  • L’harmonisation sur tout le territoire de la valeur des diplômes  et leur reconnaissance, contre la logique de « l’excellence » et des facs plus ou moins réputées
  • La suppression du crédit impôt recherche
  • La réduction du temps de travail et de l’âge de départ en retraite, seules mesures permettant de réduire effectivement le chômage (l’école et l’université n’étant pas des « usines à chômeurs » n’ont aucune responsabilité à cet égard)

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Ahmed Alustath, étudiant palestinien originaire de Gaza, qui est arrivé récemment en France pour poursuivre ses études.

Nous publions ici son témoignage, dans lequel il relate les difficultés pour circuler dans les territoires palestiniens occupés et sortir de Gaza – véritable prison à ciel ouvert – et de Palestine. A travers ce récit de voyage, Ahmed rend compte de la réalité de l’occupation israélienne et de ses conséquences dans la vie quotidienne des palestinien.ne.s.

Un départ de Gaza à Paris : entre nostalgie et souffrance

Après trois mois d’attente fatale, en fin de matinée, j’ai reçu un coup de fil :

  • Allô oui, Bonjour ?
  • Allô, bonjour, Ahmed, c’est le consulat général de France à Jérusalem.
    Félicitations !, nous tenons à t’informer que nous avons pu ENFIN avoir une autorisation israélienne pour que tu puisses passer par le passage d’Erez. Donc, tu dois immédiatement réserver ton billet d’avion d’Aman à Paris, et tu devras partir demain matin au passage d’Erez, et nous t’attendrons à la sortie du passage pour t’accompagner jusqu’à Jéricho où se trouve le passage de El-Karama.
  • Pardon ! Billet d’avion ?! Et demain matin ?!
  • Oui, il faut le réserver immédiatement, et prépare-toi pour demain matin. Allez à demain.
  • D’accord, j’y vais tout de suite, merci beaucoup, et à demain.

(suite…)

Communiqué du Secteur étudiant du Réseau européen des syndicats alternatifs et de base (RESAB)

Union Syndicale Étudiante (Belgique) – Solidaires Étudiant.e.s (France) –
SUD Étudiant.e.s et Précaires (Suisse)

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De Londres à Johannesburg, de Montréal à New Delhi, d’Istanbul à Santiago : Le mouvement étudiant international ne s’arrête jamais !

En Afrique du Sud, depuis le mois d’octobre, les étudiant.e.s se sont révolté.e.s contre la hausse des frais d’inscriptions de 6 à 10% pour l’année 2016, et la ségrégation raciale héritée de l’apartheid. Dès l’annonce par le gouvernement, les étudiant.e.s ont bloqué leurs universités et sont descendu.e.s massivement dans la rue, jusqu’à investir le siège de l’ANC (parti au pouvoir) et le Parlement, obligeant les autorités à reculer en instaurant un gel des frais d’inscriptions. Le mouvement #FeesMustFall, qui représente l’une des plus grandes mobilisations étudiantes depuis la chute de l’apartheid, a appelé à une grève massive pour la gratuité d’accès à l’enseignement supérieur, afin qu’il soit universel ! Dans un bel exemple de convergence des luttes entre les salarié.e.s des universités et les travailleur.euse.s en formation que sont les étudiant.e.s, leurs revendications visent aussi à mettre fin à la sous-traitance et aux mauvaises conditions de travail dans les universités, pour l’égalité des droits et contre les discriminations racistes. Le mouvement est toujours en cours et fait face à une répression policière très violente envers les manifestant.e.s, avec bombes à gaz lacrymogène et grenades assourdissantes. De nombreux.euses étudiant.e.s ont été arrêté.e.s pour « haute trahison ».

À Londres, une grande manifestation a été organisée le 4 novembre par le mouvement National Campaign Against Fees and Cuts (NCAFC), pour réclamer la gratuité des études en Angleterre et un recul du gouvernement conservateur de David Cameron sur son projet de transformer les bourses universitaires en prêts, et cela dès 2016. Alors que le plafond des frais d’inscription a augmenté de 3000 à 9000 livres par an dès l’arrivée au pouvoir de Cameron en 2010, cette mesure va davantage intensifier l’endettement des étudiant.e.s. La manifestation s’est rendue devant le Department for Business, Innovation and Skills (BIS), afin de dénoncer les premiers responsables de la marchandisation de l’enseignement supérieur. La répression policière ne s’est pas fait attendre, et plusieur.e.s étudiant.e.s ont été arrêté.e.s. Le mouvement étudiant pourrait se radicaliser et se diriger vers une grève : un vote sera bientôt soumis aux différents syndicats affiliés à la National Union of Students (NUS).

Au Québec, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) a appelé à une grève sociale à l’occasion des trois jours de grève générale du Front commun syndical en début décembre, contre la politique d’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Un large mouvement social se lance à nouveau au Québec, où les plans d’austérité visent non seulement à démanteler les services publics, mais aussi à menacer les acquis du mouvement étudiant de 2012.

En Inde, un large mouvement a également fait reculer le gouvernement, et la commission pour l’enseignement supérieur (UGC) qui voulait interdire la National Eligibility Test (NET), une association d’entraide sociale et financière pour les doctorant.e.s n’ayant pas réussi le test académique national pour aspirer au statut d’assistant.e-chercheur.euse. Le mouvement ayant commencé à New Delhi, s’est propagé dans plusieurs autres villes du pays, n’hésitant pas à revendiquer l’augmentation des bourses pour permettre au plus grand nombre d’étudiant.e.s d’accéder au champ de la recherche.

Le Chili a aussi connu récemment le plus large mouvement de contestation étudiante depuis la fin du régime de Pinochet. Durant les mois de juin à août 2015, plusieurs centaines de milliers d’étudiant.e.s et de professeur.e.s sont descendu.e.s dans la rue pour revendiquer la gratuité de l’accès aux études et la fin d’un système d’enseignement privatisé hérité de la dictature. À l’heure actuelle, il n’existe aucun programme de bourses ou d’aides sociales pour les étudiant.e.s modestes, qui se retrouvent à devoir s’endetter sur au moins 15 ans pour poursuivre leurs études. Le mouvement étudiant chilien, qui avait déjà connu des mobilisations de cette ampleur en 2006 et en 2011 a dû néanmoins faire face à une répression policière féroce par le gouvernement dit « progressiste » de Michelle Bachelet.

En France, les étudiant.e.s pourront aussi fêter au printemps 2016 les 10 ans de la lutte contre la LEC (Loi sur l’Egalité des Chances) et l’une de ses mesures phares, le CPE (Contrat première embauche). Ce contrat, réservé aux salarié.e.s de moins de 26 ans, permettait aux patrons de les licencier sans aucun motif. Durant plusieurs mois, la grande majorité des universités étaient en grève et bloquées, tandis que des millions d’étudiant.e.s et de travailleur.ses sont descendu.e.s dans la rue. Ce mouvement, qui est parvenu à faire converger les luttes étudiantes et interprofessionnelles, a été l’un des plus grands mouvements sociaux de ces dernières décennies en France et a permis le retrait du CPE. Sa portée fut même internationale et il inspira notamment la création du syndicat étudiant Genç Sen en Turquie.

La gratuité d’accès à l’enseignement supérieur est une lutte internationale qui traverse de nombreux pays, contre les ambitions toujours plus fortes du patronat et des gouvernements d’avancer vers la marchandisation de l’enseignement supérieur et de la recherche. À cela, les mouvements étudiants répliquent par des mobilisations sociales et populaires contre les coupes budgétaires, la hausse des frais d’inscriptions, la suppression des filières « non-rentables », et revendiquent un accès gratuit et universel à l’enseignement supérieur pour tou.te.s.

Notre réseau exprime son soutien le plus total à tous ces mouvements étudiants pour la gratuité d’accès à l’enseignement supérieur. La solidarité internationale est pour nous un moyen d’encourager nos luttes respectives : nous ne sommes pas isolé.e.s, chaque victoire en est une pour l’ensemble du mouvement étudiant international !

Non à l’augmentation des frais d’inscriptions ! Égalité des droits !

Liberté pour les étudiant.e.s arrêté.e.s !

Pour un accès gratuit à l’université pour tou.te.s !

Union Syndicale Étudiante (Belgique) : info@unionsyndicaleetudiante.be
Sud Étudiant-e-s et Précaires (Suisse) : info@sud-ep.ch
Solidaires Étudiant-e-s (France) : contact@solidaires-etudiant-e-s.org