Articles Tagués ‘prisonnier politique’

Constitution d’un collectif de soutien à Georges Ibrahim Abdallah
Vendredi 22 mai à 18 heures au local de l’A.M.E.B. – Solidaires Etudiant-e-s

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais, emprisonné depuis trente ans en France. Une durée qui fait de lui le plus ancien prisonnier politique en Europe et le quatrième dans le monde, battant le triste record de Nelson Mandela. Opposé à l’invasion israélienne du Liban en 1978, il a combattu ensuite l’occupation de la Palestine auprès du Front Populaire de Libération de la Palestine (F.P.L.P.) puis comme membre des Forces Armées Révolutionnaires Libanaises (F.A.R.L.).

Arrêté à Lyon en 1984, il est condamné à la réclusion à perpétuité pour des actions revendiquées par les F.A.R.L., considéré comme l’un de ses cerveaux. Bien que libérable depuis 1999 suite à une décision de justice, il demeure sous les verrous par la pression des États-Unis et d’Israël. Le 10 janvier 2013 cette position est confirmée à condition que lui soit délivré un arrêté d’expulsion du territoire. Depuis, le Ministre de l’Intérieur refuse de signer cet arrêté, ce qui bloque toute possibilité.

Il faut voir dans cet acte une vengeance des puissances hégémoniques envers un militant qui n’a jamais renié son engagement. Pourtant aujourd’hui, même Yves Bonnet, l’ex-patron des renseignements généraux, affirme que « cette injustice a assez duré » et que « plus rien ne justifie son incarcération ». Ainsi le combat pour sa libération trouve des sources à la fois pour le droit des peuples opprimés, dans la lutte contre l’impérialisme, et sur les droits des prisonniers politiques.

Divers collectifs de soutien à Georges Ibrahim Abdallah existent et des actions de solidarité sont menées régulièrement en France et à l’étranger. Plusieurs municipalités ont également fait de Georges Ibrahim Abdallah leur citoyen d’honneur (Calonne-Ricouart, Grenay, Bagnolet…).

Nous proposons à toutes les forces progressistes, individu-e-s et structures (politiques, syndicales, associatives), de constituer localement un collectif de soutien à Georges Ibrahim Abdallah et à son combat contre l’impérialisme.

Une réunion de constitution du collectif aura lieu vendredi 22 mai à 18 heures au local de l’AMEB-Solidaires Etudiant-e-s. Celui-ci se trouve dans les locaux de la fac de lettres à l’Arsenal (ancienne fac de médecine en face de l’hôpital St-Jacques), bâtiment N, au rez-de-chaussée.

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Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant-e-s, Syndicats de luttes du 23 février 2015

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Solidarité avec Lina Khattab et tous les prisonniers et prisonnières palestiniennes !

Depuis le 13 Décembre 2014, Lina Khattab, étudiante à l’Université de Bir Zeit est détenue par les autorités israéliennes, suite à sa participation à une manifestation pour la libération des prisonnier-es politiques en Palestine.

Nous exigeons sa libération immédiate et lui exprimons toute notre solidarité. Nous apportons notre soutien à toutes les personnes luttant pour sa libération et celle des autres détenu-es.

Liberté pour Lina Khattab ! Liberté pour tou-te-s les prisonnier-es !

Liberté pour la Palestine !

La page de soutien (en anglais), où l’on peut signer une pétition/lettre pour demander la libération de Lina Khattab : http://samidoun.ca/2014/12/take-action-free-lina-khattab-imprisoned-student-and-folkloric-dancer/
La page facebook de soutien, où il est possible de poster des messages de soutien : https://www.facebook.com/FreeLina?fref=ts

! تضامنا مع لينا الخطاب و جميع السجناء و السجينات الفلسطينيين

منذ 13 كانون الاول 2014 لينا الخطاب,طالبة في جامعة بيرزيت,معتقلة عند سلطات الاحتلال لإسرائيلية و ذلك عقب مشاركتها في مظاهرة للإفراج عن السجناء السياسيين في فلسطين

نطالب بالإفراج الفوري عنها, و نعرب لها عن تضامننا. نبدي دعمنا لجميع الذين يناضلون من أجل إطلاق سراحها و سراح جميع المعتقلين

!الحرية ل لينا الخطاب ! الحرية لجميع الاسرى ! الحرية لفلسطين

Plus d’info : https://quartierslibres.wordpress.com/2015/02/23/la-prison-pour-des-jets-de-pierres-faux-pretexte-veritable-repression-de-la-jeunesse-palestinienne/#more-8550

Article à paraître dans la prochaine Bile Noire (sortie fin février) :

 

Le plus ancien prisonnier politique de France enfin libéré ?

Quel est le point commun entre le Palestinien Karim Younes, le militant des Black Panthers Mumia Abu-Jamal, l’Amérindien Léonard Peltier et Georges Ibrahim Abdallah ? En plus d’être des symboles de la résistance à l’oppression, ils sont les quatre plus anciens prisonniers politiques du monde. En prison en France depuis 28 années – il a dépassé le triste record de Nelson Mandela –, Georges Ibrahim Abdallah, communiste révolutionnaire libanais, est victime de l’acharnement d’une justice dont l’impartialité prétendue est bien mise à mal, aux ordres du pouvoir politique. Retour sur le parcours d’un militant qui n’a jamais renié son engagement politique.

Né en 1951 au nord du Liban, Georges Ibrahim Abdallah est professeur de collège lorsqu’éclate la guerre du Liban en 1982 : l’invasion Israélienne se solde par la mort de 20 000 civils libanais et palestiniens. Il rejoint d’abord le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) avant de participer à la création des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), qui tentent de porter en Europe la guerre subie au Proche-Orient : on leur attribue, entre autres, les assassinats à Paris, du lieutenant-colonel Charles Robert Ray (attaché militaire adjoint à l’ambassade des Etats-Unis en France) le 18 janvier 1982, et de Yacov Barsimentov (deuxième conseiller à l’ambassade d’Israël) le 3 avril 1982.

Georges Ibrahim Abdallah, dont l’implication personnelle dans les attentats des FARL n’est alors pas établie, est arrêté par hasard à Lyon en octobre 1984, puis condamné en 1986 à 4 ans de prison pour détention d’armes et usage de faux papiers. Cependant, un an avant ce procès, en 1985, G. I. Abdallah aurait dû être libéré et échangé en échange de Gilles Sidney Peyroles, conseiller culturel français à Tripoli, enlevé la même année au Liban par les FARL. Ce dernier est immédiatement libéré, Georges Ibrahim Abdallah non. Yves Bonnet, ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST – le contre-espionnage français) entre 1982 et 1985, qui avait participé à la négociation de l’accord, témoigne aujourd’hui : « La France a trahi la parole donnée ». Premier scandale.

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Sept mois après sa première condamnation, un second procès s’ouvre pour complicité d’assassinat, après la découverte dans un appartement qu’il avait loué de l’arme qui aurait servie à tuer les deux diplomates assassinés par les FARL en 1982. Tandis que l’ambassadeur des États-Unis en France et la famille du lieutenant-colonel Ray se constituent partie civile, une condamnation plus lourde est demandée, sous les pressions américaines et israéliennes. On apprendra plus tard que l’avocat de l’époque de G. I. Abdallah donnait des renseignements sur son client à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) : un cas unique en France ! Deuxième scandale.

Le deuxième procès commence le 23 février 1987, dans une atmosphère très tendue. La France vient en effet de subir une vague d’attentats sanglants, revendiqués par le Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes du Proche-Orient (CSPPA), qui demande entre autre la libération de G. I. Abdallah. Ces attentats seront finalement imputés à un groupe démantelé quelques mois plus tard, lié aux services iraniens (qui est alors en guerre contre l’Irak soutenue par la France). Les FARL n’y étaient pour rien. Mais peu importe, la plupart des médias se déchainent contre G. I. Abdallah. Alors que le procureur général demande dix années de prison, la Cour prononce la peine maximale : la perpétuité.

Alors qu’il pourrait prétendre depuis 1999 à une libération sous condition, les huit demandes faites en ce sens jusqu’à l’année dernière ont toujours été refusées, et ce malgré le comportement en prison du détenu qualifié d’ « exemplaire ». La raison d’un tel acharnement judiciaire ? « C’est le gouvernement des Etats-Unis qui oppose un veto intolérable à sa libération », soutient son avocat Jacques Vergès, qui dénonce des ingérences américano-israélienne. Ces propos sont partagés par Gilles Perrault (père du diplomate Sidney Peyroles enlevé au Liban en 1985 par les FARL), mais aussi par l’ex-patron de la DST Yves Bonnet : « Cette injustice a assez duré (…) Plus rien ne justifie son incarcération », et qui rajoute même, « il faut se souvenir du contexte, des massacres de Sabra et Chatilah dont les coupables n’ont jamais été punis. Et aujourd’hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu’elle a libéré Maurice Papon ? ». Troisième scandale.

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Cet acharnement semble enfin prendre fin, après la décision de la Cour d’appel de Paris le 10 janvier 2013 qui a confirmé le jugement du tribunal d’application des peines du 21 novembre 2012, qui avait répondu positivement à une nouvelle demande de liberté conditionnelle. Cet avis est conditionné par un arrêté d’expulsion signé par le ministre de l’Intérieur, qui permettrait à Georges Ibrahim Abdallah de rentrer directement au Liban, où il souhaite reprendre son métier d’instituteur. Cependant, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, ayant refusé de signer l’arrêté d’expulsion avant le 14 janvier, la réponse à sa demande de libération est reportée au 28 janvier. Dernier scandale en date dont est victime Georges Ibrahim Abdallah, qui paye fort le prix d’un engagement politique qu’il n’a jamais cessé de revendiquer.

Sources :

http://blogs.mediapart.fr/blog/koszayr/100113/georges-ibrahim-abdallah-lun-des-plus-anciens-prisonniers-politiques-du-mon

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/05/DA_SILVA/47661

Pour aller plus loin :

A lire : Collectif International, Georges Ibrahim Abdallah, Al Dante, 2012

Blog du collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah : http://liberonsgeorges.over-blog.com

 

Le 15 janvier 2013

C.L

Ajout du 14 février 2013 :

 

L’acharnement de l’État continue : l’audience du 28 janvier a été reportée au 28 février ! La mobilisation pour demander la libération de Georges Ibrahim Abdallah ne faiblit pas pour autant. Dernièrement, des rassemblements et manifestations ont été organisés dans plusieurs villes de France, mais aussi en Tunisie, Palestine, Argentine, et au Liban (à Beyrouth, les manifestants ont bloqué la route de Damas, devant l’ambassade de France).

Le Secours Rouge International appelle à une journée internationale d’action le 27 février pour exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah.