Articles Tagués ‘Kurdistan’

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Rassemblement samedi 5 mars à 15h, place Pasteur

Journée culturelle de solidarité, dimanche 6 mars, salle Battant

Programme de la journée de soutien du dimanche 6 mars :

11h30 : exposition, table de presse

12h30 : repas

14h00 : projection du documentaire Ez Kurdim

15h00 : table-ronde avec Pascal Torre (auteur de « La réponse kurde ») et Nicolas Dessaux (association Solidarité Irak)

à partir de 18h00 : concert, danses traditionnelles kurdes et repas !

 

Ce dimanche sera l’occasion, pour toute personne intéressée par la question kurde, d’apprendre, de discuter mais aussi de passer une agréable journée, tous et toutes solidaires avec les luttes progressistes du peuple Kurde et du Moyen-Orient !


 

Tract du rassemblement de samedi :

SOLIDARITE AVEC LES LUTTES DES FEMMES AU KURDISTAN

Face aux fanatiques religieux et misogynes de Daesh, les femmes sont en première ligne dans la lutte. Ainsi, à Kobané, une ville majoritairement kurde situé au Rojava (Kurdistan syrien) à la frontière syro-turque, les combattantes des YPJ (Unité de défense des femmes) représentent 40% des forces progressistes kurdes.

Dans cette région, les avancées en matière de liberté et d’égalité mises en place suite au soulèvement contre la dictature de Bachar Al Assad ont été importantes : l’égalité entre les hommes et les femmes a été proclamée ainsi que l’équité entre tous les êtres humains sans discrimination liée à l’origine religieuse ou ethnique.

De plus, les femmes occupent des positions importantes dans la vie politique. Les trois cantons du Rojava, Kobani, Efrin et Cizîre, chacun dirigé par un parlement élu et doté de ses institutions propres, est co-présidé par une femme et un homme.

Face aux obscurantistes misogynes de Daesh, les femmes kurdes résistent, luttent et remportent des victoires, tant militaires que sociales. Elles sont devenues un espoir, un exemple et un symbole pour toutes celles qui se battent contre les régimes d’apartheid sexistes au Moyen Orient et dans le monde.

Les femmes du Kurdistan luttent pour l’égalité entre femmes et hommes face aux fanatiques de Daesh qui nient leurs libertés, les violent, les tuent, pratiquent l’esclavage sexuel, les vendent et les échangent comme butin de guerre.

Ailleurs au Moyen-Orient, les femmes sont aussi en première ligne contre les régimes réactionnaires, dictatoriaux, misogynes et anti-ouvriers. En Iran par exemple, que ce soit à Sanandaj ou à Téhéran, les femmes résistent contre le voile obligatoire et le régime réactionnaire des mollahs. Au Kurdistan d’Irak, les femmes participent aux luttes contre le régime corrompu de Barzani, comme les infirmières et les enseignantes en grève pour le paiement des salaires. A Bagdad et ailleurs, les femmes luttent contre les bandes terroristes sectaires, pour l’égalité et la laïcité.

Leur lutte est universelle, elles luttent pour la liberté et l’égalité au nom de toutes les femmes !

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Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant.e.s du 16 janvier 2016 :

Soutien aux enseignant-e-s de Turquie en danger !

 

Suite à l’appel et à la pétition « Nous, enseignant-e-s et chercheurs/ses de Turquie, ne serons pas complice de ce crime » dans lesquels ils dénoncent les massacres commis au Kurdistan, le Président turc Erdogan a lancé une répression contre les 1128 professeurs d’université turcs et kurdes y ayant participé. Il a demandé au Conseil de l’Enseignement Supérieur de « faire le nécessaire ». Des dizaines d’enseignants chercheur-se-s ont été démis de leurs fonctions ou font l’objet de poursuites disciplinaires, 21 universitaires de l’université de Kocaeli et 4 de l’université de Bolu ont été placés en garde à vue lors de perquisitions à leurs domiciles.

Les signataires sont aussi soumis à une propagande assimilable à du lynchage dans la presse gouvernementale qui alimente la haine contre eux. S’ajoutent à cela des déclarations des directions de dizaines d’universités qui considèrent cette pétition comme « inacceptable », comme « une trahison » ou de la « propagande terroriste » pour certaines et annoncent qu’elles vont engager des poursuites contre les académiciens qui ont signé la pétition. Le nombre de gardes à vue, destitutions et poursuites n’en est probablement qu’à son début.

La fédération syndicale Solidaires étudiant-e-s dénonce la répression qui s’abat contre ceux et celles qui ont osé dévoiler l’état de guerre au Kurdistan. Nous demandons que cessent les persécutions contre eux et elles.

Nous leur apportons notre soutien et appelons les étudiant-e-s, enseignant-e-s et plus largement la communauté scientifique à dénoncer la répression dont ils sont victimes en apportant leur soutien sous toutes les formes possibles et imaginables.

La guerre en Turquie doit cesser !

Communiqué de la commission internationale de Solidaires Etudiant.e.s, 17 janvier 2016 :

Pour construire la Paix , construisons l’internationale des étudiant-e-s et des peuples

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L’année 2015 a été marquée par de sombres événements qui ont endeuillé de nombreux peuples à travers le monde : à Garissa, Suruç, Ankara, Beyrouth, Paris ou Bamako, les terroristes fanatiques ont tué.

En France, moins de 48 heures après les attentats à Paris, le gouvernement reprenait ses frappes en Syrie. Depuis 2012, l’État mène une guerre par an. La France a donc une part de responsabilité considérable, aux côtés des États-Unis et d’autres puissances économiques telles que la Russie, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, quant à la situation au Moyen-Orient et au développement d’organisations telles que Daesh.

Daech s’est notamment créé sur les décombres de l’État de Sadam Hussein (Irak) et à l’issue de l’intervention militaire américaine de 2003. Nous ne pouvons que condamner les guerres impérialistes menées depuis plus de 15 ans par les gouvernements européens et nord-américains pour maintenir leur domination dans la région : celles-ci n’ont jamais endigué la montée de l’islamisme radical (qui – doit-on le rappeler ? – n’a rien à voir avec l’Islam), au contraire, elles l’ont renforcé en semant la misère des populations. Les guerres impérialistes et la misère profonde qu’elles engendrent sont l’une des causes de la formation et du développement des organisations islamistes fascistes comme Daesh. Les interventions militaires récurrentes n’ont pas pour principal objectif de servir les populations et « lutter contre le terrorisme » mais plutôt de défendre les intérêts géostratégiques et économiques de ces puissances impérialistes (accaparement et commerce des ressources naturelles, développement de nouveaux marchés économiques, promotion de systèmes politiques et économiques, création et maintien de bases militaires, exploitation de la main-d’œuvre à moindre coût, etc.).

Depuis plusieurs années maintenant, Solidaires étudiant-e-s travaille à la reconstruction de liens entre groupes et syndicats étudiants à travers le monde, notamment à travers la création d’un réseau international de syndicats étudiants. C’est dans cette même idée que nous soutenons depuis plus d’un an la construction d’académies et d’universités dans la région du nord-ouest de la Syrie, appelée Rojava. Nous restons convaincu que seules l’indépendance des peuples et la paix permettront au Moyen-Orient de sortir du chaos, et par extension, à l’Europe de vivre en paix. Cette indépendance ne peut passer que par un soutien aux groupes qui combattent Daesh, et qui, en même temps, construisent la paix. Ce sont ces mêmes groupes qui souvent dénoncent les dictatures (comme celle de Bachar Al Assad en Syrie) et les autoritarismes (comme celui de Recep Erdogan en Turquie). C’est pourquoi il est plus nécessaire que jamais de prendre contact et échanger avec les groupes qui en Syrie, en Irak, en Turquie ou encore au Liban, en Jordanie ou en Palestine luttent pour leur émancipation et la paix.

Ces rencontres et ces liens doivent s’effectuer sans simplification de la situation sur place et c’est à chacun-e de faire l’effort d’avoir une connaissance fine et complexe et par ce biais d’œuvrer à décoloniser nos esprits. C’est pourquoi en cette nouvelle année les syndicats Solidaires étudiant-e-s continueront à organiser des rencontres qui permettent la réflexion sur la situation et la connaissance de cette région du monde où malgré la guerre, naissent des utopies.

Soutien aux combattant-e-s de la liberté en Syrie et en Irak.

Soutien au Rojava et au peuple kurde.

Soutien aux militant-e-s de la paix en Turquie.

Ce samedi 16 janvier, plus de 150 personnes se sont rassemblées dans les rues de Besançon, à l’appel du collectif Besançon Solidarité Kurdistan, pour dénoncer la répression en Turquie et manifester notre solidarité avec la résistance du peuple kurde.

De nombreux slogans ont été scandés dans ce rassemblement coloré et déterminé, tel que « Daesh terroriste, Turquie complice », « Erdogan assassin », « à bas le régime fasciste en Turquie » ou encore « de Besançon à Kobané, la lutte antifasciste est internationale ».

Plusieurs prises de paroles ont été faites par le collectif afin de rappeler nos revendications :

  • L’arrêt de la répression et des massacres en Turquie,

  • L’arrêt de l’occupation militaire des villes du Kurdistan

  • Manifester notre soutien à toutes et tous les progressistes et révolutionnaires de Turquie, du Kurdistan et du Moyen-Orient qui luttent contre l’AKP et Daesh.

  • Obtenir le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes.

Il a été rappelé aussi que si nous dénonçons la répression qui touche les militant.e.s progressistes en Turquie, il en va de même pour la répression qui s’abat en France à l’encontre des syndicalistes : un message de solidarité a ainsi été adressé aux 8 salarié.e.s de Goodyear qui viennent d’écoper de 24 mois de prison (dont 9 fermes) pour s’être opposés à la fermeture de leur usine.

Durant le rassemblement, une pétition à l’adresse des parlementaires du Doubs a largement circulé, afin que ces derniers agissent pour faire retirer le PKK de la liste des organisations terroristes et pour faire abroger l’accord de coopération policière signé entre la France et la Turquie (qui facilite l’extradition de militant.e.s kurdes réfugié.e.s en France).

Quelques trottant.e.s avaient installé un stand avec vente à prix libre de gâteaux, de café et de brochures antimilitaristes et sur le Kurdistan, dont les bénéfices seront reversés au collectif Besançon Solidarité Kurdistan : qu’ils et elles en soient remercié.e.s !

Si le succès de ce rassemblement nous réjouit, le collectif Besançon Solidarité Kurdistan tient cependant à dénoncer avec vigueur les pressions et les menaces qui ont circulé dans les réseaux nationalistes et d’extrême-droite qui soutiennent le régime d’Erdogan et de l’AKP en Turquie. Un élu, adjoint au maire de la ville de Thiais, Mourad Ghazli, a même fait une déclaration, largement reprises dans les milieux nationalistes, demandant l’interdiction des rassemblements de ce type et exigeant des poursuites contre leurs organisateurs. Le collectif Besançon Solidarité Kurdistan condamne fermement ces agissements et ces provocations. Ils ne font que renforcer notre détermination à manifester et agir en solidarité avec tou.te.s les progressistes qui luttent pour la liberté, l’égalité et la justice sociale en Turquie, au Kurdistan et dans tout le Moyen-Orient.

Vive la solidarité internationale !

 

Prochaines initiatives de solidarité des organisations membres du collectif :

  • conférence sur l’antimilitarisme en Turquie d’Aurélie Stern, organisée par la FA, samedi 23 janvier à la librairie l’Autodidacte
  • conférence sur la Turquie de Samim Akgönül, organisée par le PCF, vendredi 12 février, 20h salle Proudhon

 

Contact :

b-solidarite-kurdistan@riseup.net

06.76.16.78.89 / 06.23.13.86.27

Blog du collectif Besançon Solidarité Kurdistan : https://besanconsolidaritekurdistan.wordpress.com/
Les photos du rassemblement :

 

A lire également, le communiqué du Collectif Besançon Solidarité Kurdistan, suite aux provocations d’un élu de la ville de Thiais (94) :

Avant le rassemblement à Besançon du samedi 16 janvier contre la répression en Turquie, Monsieur Ghazli, adjoint au maire à la sécurité de la commune de Thiais (94) s’est permis d’appeler à l’interdiction de notre rassemblement.
Elu sur une liste d’union UDI-UMP, cet élu défend des positions nationalistes turques, n’hésitant pas à flirter avec le racisme à l’encontre des populations arménienne et kurde.

Alors que les fanatiques de Daesh ont une nouvelle fois fait couler le sang à Bamako, Jakarta et enlevé 400 civils à Deir Ezzor, notre solidarité va plus que jamais aux forces qui ont pu repousser ces ennemis de l’humanité en particulier l’YPG / YPJ. Or, ce sont ces mêmes forces que le régime d’Erdogan tente d’éradiquer dans les villes kurdes de Turquie, faisant au passage subir à l’ensemble de la population civile le poids de l’occupation militaire. Notre solidarité va également à toute la population de Turquie, au-delà des origines nationales, qui fait face à la dictature de l’AKP.

Nous appelons l’ensemble des personnes et organisations éprises de liberté et d’égalité à contacter la mairie de Thiais pour demander au nom de quoi un élu de cette commune se permet de demander l’interdiction d’un rassemblement à Besançon et de développer une  haineuse propagande nationaliste à l’encontre de celles et ceux qui défendent au Kurdistan, en Turquie et ailleurs le respect des droits humains.

Courrier à adresser à :

Monsieur Richard Dell’Agnola

Maire de Thiais

1 Rue Maurepas,

BP 141

94320 Thiais

Fax : 01 48 53 47 2

E-mail : contact@ville-thiais.fr

Tel : 01 48 92 42 01

Exemple de lettre type :

Monsieur le Maire,

Avant le rassemblement à Besançon du samedi 16 janvier contre la répression en Turquie, Monsieur Ghazli, adjoint au maire à la sécurité de la commune de Thiais (94) s’est permis d’appeler à l’interdiction de notre rassemblement.

Tout d’abord nous souhaiterions des explications : au nom de quoi un élu du Val-de-Marne se permet d’intervenir pour faire interdire une manifestation dans le Doubs ?

Nous soulignons aussi notre indignation face aux propos de cet élu qui, sur les réseaux sociaux, défend des positions nationalistes turcs qui flirtent avec le racisme à l’encontre des populations arméniennes et kurdes ou avec l’apologie de crimes commis par les terroristes fanatiques de Daesh.

En attente d’une réponse de votre part, veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sincères salutations.

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HALTE À LA RÉPRESSION EN TURQUIE !

Depuis plusieurs mois, l’AKP au pouvoir en Turquie et son président Erdogan livrent une guerre sans merci au peuple kurde et contre les forces progressistes et révolutionnaires de Turquie.

De nombreuses villes et villages kurdes sont sous couvre-feu, l’armée et la police utilisent de l’armement lourd pour venir à bout de la résistance des populations qui ne demandent rien d’autre que la démocratie et l’autonomie locale. Le nombre de civil.e.s tué.e.s et les destructions augmentent chaque jour dans les villes de Diyarbakir, Silopi, Cirze, Nusaybin, Dargeçit, Silvan, Varto et d’autres.

Dans tout le pays les manifestations d’opposition au régime fascisant de l’AKP (le parti au pouvoir) sont violemment réprimées, des milliers de prisonnier.e.s politiques croupissent en prison, la presse est muselée, des journalistes sont emprisonné.e.s et récemment un magistrat kurde a été assassiné en pleine rue.

Pour l’État turc, les ennemis ne sont pas les terroristes de Daesh mais les Kurdes qui sont en première ligne pour les combattre et les défaire, comme à Kobané, Sinjar ou Tel Abyad. La complicité et les soutien de la Turquie vis-à-vis de Daesh sont aujourd’hui établis, tandis qu’Erdogan envoie son armée et ses bombes contre celles et ceux qui combattent les terroristes : les organisations progressistes et révolutionnaires de Turquie, de Syrie et d’Irak, dont le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).

Malgré cela, ni la France, ni l’Union Européenne ne s’élèvent contre les multiples crimes et atteintes aux droits humains perpétrés par la Turquie, pays pourtant membre comme la France de l’OTAN et de la coalition militaire internationale en Syrie.

Au contraire, la France et l’Union Européenne maintiennent toujours le PKK sur la liste des organisations terroristes. Un accord de coopération policière et militaire signée en 2011 entre la France et la Turquie facilite même l’extradition de militant.e.s kurdes réfugié.e.s en France.

Pour :

  • l’arrêt de la répression et des massacres en Turquie,
  • l’arrêt de l’occupation militaire des villes du Kurdistan,
  • manifester notre soutien à tou.te.s les progressistes et révolutionnaires de Turquie, du Kurdistan et du Moyen-Orient qui luttent contre l’AKP et DAESH,
  • obtenir le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes,

le collectif Besançon Solidarité Kurdistan appelle à participer massivement au

RASSEMBLEMENT

SAMEDI 16 JANVIER A 15H

PLACE DU 8 SEPTEMBRE

Premiers signataires :

Parti Communiste Français (PCF), Initiative Communiste Ouvrière (ICO), Fédération Anarchiste (FA), Action Populaire (AP), AMEB Solidaires Étudiant.e.s, Collectif Antifasciste de Besançon (CAB), Union de la Jeunesse de Mésopotamie (UJM), Ensemble !, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)…

Le tract en PDF : cliquez ici.

Communiqué de presse – 4 janvier 2015

Constitution du collectif « Besançon Solidarité Kurdistan »

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En Syrie et en Irak, les forces progressistes et révolutionnaires kurdes – en particulier le PKK, les YPG et YPJ – constituent l’une des principales forces de résistance face aux terroristes obscurantistes de Daesh. En première ligne dans les combats, elles parviennent à faire reculer les positions de l’Organisation de l’Etat Islamique, comme à Kobané, Sinjar ou Tel Abyad.

Dans les territoires du Rojava (Kurdistan syrien), libérés par les YPG et YPJ, les peuples de la région ont proclamé en 2013 « l’autonomie démocratique », indépendante du régime dictatorial de Bashar Al-Assad. Ils ont créé un système d’auto-gouvernement contrôlé par des assemblées populaires et basé sur l’égalité des sexes, la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et anticapitalistes. Ainsi, à travers le combat armé qui oppose dans le Rojava les progressistes kurdes aux soldats de Daesh, ce sont deux projets de société antagonistes qui s’affrontent : l’un obscurantiste, fasciste et totalitaire, l’autre révolutionnaire, démocratique, égalitaire et féministe.

Depuis le début du conflit, les Kurdes doivent cependant faire face à un autre adversaire de taille : l’Etat turc, présidé par Erdogan et son parti l’AKP, qui préfèrent soutenir Daesh plutôt que de voir les forces progressistes kurdes gagner en influence et en autonomie.

Depuis cet été, l’Etat turc a repris ses bombardements contre les positions du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et mène une politique de terreur et de répression sanglante contre les forces progressistes et révolutionnaires. Les journalistes et la presse d’opposition sont muselés, les manifestations hostiles au pouvoir sont attaquées par la police, des milliers de militant.e.s de gauche ou syndicalistes sont emprisonné.e.s, de nombreuses villes et villages kurdes sont assiégés par l’armée et plusieurs centaines de civils ont été assassinés.

Malgré cela, ni la France, ni l’Union Européenne ne s’élèvent contre les multiples crimes et atteintes aux droits humains perpétrés par la Turquie (pays pourtant membre comme la France de l’OTAN et de la coalition militaire internationale en Syrie). Au contraire, en maintenant le PKK sur la liste des organisations terroristes, le gouvernement français est complice de la répression qui frappe les progressistes en Turquie et qui affaiblit la résistance à Daesh. Un accord de coopération policière signé en 2011 entre la France et la Turquie facilite même l’extradition de militant.e.s kurdes réfugié.e.s en France.

A Besançon, plusieurs organisations, qu’elles soient politiques, syndicales ou associatives, ont manifesté ces derniers mois leur solidarité avec les forces progressistes qui combattent l’obscurantisme et le fascisme et qui œuvrent pour la paix au Moyen-Orient. Elles ont décidé de se rassembler pour constituer le collectif Besançon Solidarité Kurdistan, qui se donne comme objectifs de :

  • manifester notre solidarité et apporter une aide concrète aux forces progressistes qui luttent au Moyen-Orient,

  • obtenir le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes et l’abrogation de l’accord de coopération policière entre la France et la Turquie.

Ce collectif, ouvert à toutes les forces progressistes de Besançon et de sa région, rassemble des membres de diverses organisations (voir signataires ci-dessous) et des individu.e.s et citoyen.ne.s non encarté.e.s.

Le collectif appelle d’ores et déjà à un rassemblement de solidarité avec le peuple kurde pour dénoncer les massacres en Turquie, samedi 16 janvier à 15 heures place du 8 septembre.

 

Premiers signataires :

Parti Communiste Français (PCF), Initiative Communiste Ouvrière (ICO), Fédération Anarchiste (FA), Action Populaire (AP), AMEB Solidaires Étudiant.e.s, Collectif Antifasciste de Besançon (CAB), Union de la Jeunesse de Mésopotamie (UJM), …

Pour plus d’informations sur les massacres et la répression menés par l’Etat turc, voir ce dossier du Conseil Démocratique Kurde en France :

dossier CDKF

Communiqué de l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s :

Amplifions le soutien aux organisations progressistes et révolutionnaires qui combattent Daesh !

Depuis le début de l’année 2015, la fédération Solidaires Etudiant-e-s mène dans les universités françaises une campagne de solidarité internationale avec les peuples du Rojava (Kurdistan syrien), qui ont proclamé il y a deux ans « l’autonomie démocratique » de la région, désormais indépendante du régime dictatorial de Bashar Al-Assad. Le processus révolutionnaire à l’œuvre dans le Rojava s’appuie sur un système d’auto-gouvernement contrôlé par des assemblées populaires. Il est basé notamment sur l’égalité des sexes, la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et anticapitalistes. Dans ce cadre, une « académie » (université) de sciences sociales de Mésopotamie, multiculturelle et multilingue, a ouvert ses portes dans le Rojava. Répondant à l’appel des étudiant.e.s de cette université, Solidaires Etudiant.e.s a participé à la campagne « Des livres pour Rojava », consistant à envoyer des livres de sciences humaines et sociales afin de développer la bibliothèque universitaire de l’académie. A Besançon, nous avons ainsi récolté au printemps dernier plusieurs centaines de livres pour le Rojava.

Dans le prolongement de cette campagne, nous avons accueilli le 22 octobre Yasin Duman, jeune kurde et coordinateur en Turquie de la campagne « Des livres pour Rojava ». En tournée dans plusieurs universités françaises et suisses, Yasin Duman est venu présenter la situation au Kurdistan, la révolution à l’œuvre dans le Rojava ainsi que le fonctionnement de l’académie, dans laquelle il a enseigné. Cette conférence a connu un grand succès, avec plus de 70 personnes présentes.

Quelques semaines plus tard, l’actualité nous a conduit à organiser une nouvelle soirée de discussion et de débat en lien avec la question kurde, suite aux élections législatives du 1er novembre en Turquie. Nous avons ainsi invité le 10 novembre Thibaut Bize, qui était présent en Turquie le jour des élections avec une délégation d’observateurs internationaux. Malgré des délais très courts d’organisation, nous avons fait salle comble avec plus de 60 participants. Dans son témoignage, Thibaut Bize a fait un compte-rendu très détaillé sur l’atmosphère générale en Turquie à la veille des élections. Il a ensuite fait état des tensions et des multiples entraves des autorités pour empêcher la bonne tenue du scrutin (absence d’isoloir, présence d’hommes armés dans les bureaux de vote, menaces et intimidations, etc) qu’il a pu observer dans les bureaux de vote.

Malheureusement, le bon déroulement de ces deux soirées a été à chaque fois perturbé par la présence d’une quinzaine de nationalistes turcs et fervents défenseurs du régime autoritaire du président turc Erdogan et de son parti l’AKP. Multipliant les tentatives d’obstruction du débat, toutes leurs interventions – souvent à court d’arguments – étaient concentrées sur l’assimilation de toutes les forces progressistes d’opposition turques et kurdes avec le terrorisme. Ils ont également tenté à plusieurs reprises de prendre en photo et en vidéo les intervenants et les membres du public présents (une volonté de fichage politique?), contre l’avis de ces derniers. Plus grave encore, à la sortie de la seconde conférence, l’un des militant.e.s de l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s a reçu des menaces physiques de la part d’un des membres de ce groupe.

L’AMEB Solidaires Etudiant.e.s condamne fermement ces agissements et ne se laissera pas intimider par les défenseurs zélés du pouvoir autoritaire et fascisant turc.

Aujourd’hui, le soutien aux forces progressistes et révolutionnaires du Proche-Orient est plus que jamais nécessaire. Parmi ces dernières, les organisations combattantes kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), des YPG (Unités de protection du peuple) et des YPJ (Unités combattantes de femmes), constituent l’une des principales forces de la résistance contre Daesh. Ainsi, à travers le combat armé qui oppose dans le Rojava les progressistes kurdes aux soldats de Daesh, ce sont deux projets de société antagonistes qui s’affrontent : l’un obscurantiste, fasciste et totalitaire, l’autre révolutionnaire, démocratique, égalitaire et féministe.

Mais Daesh peut compter sur des soutiens de poids dans la région : les pétro-monarchies du Golf (Arabie Saoudite, Quatar) et l’Etat turc, pourtant alliés et partenaires économiques et militaires privilégiés de la France et des puissances occidentales.

Les preuves de la complicité, si ce n’est du soutien ouvert, des autorités turques vis-à-vis de Daesh ont été à maintes reprises dévoilées : c’est notamment par la frontière turque que transitent l’argent, le pétrole, les armes et les combattants de Daesh, alors que les kurdes souhaitant rejoindre le front progressiste dans le Rojava sont bloqués. Pire, l’Etat turc a repris depuis cet été ses bombardements contre les positions du PKK en Turquie, en Irak et en Syrie, affaiblissant ainsi la résistance à Daesh. À l’intérieur de la Turquie enfin, les progressistes et les révolutionnaires turc.ques et kurdes subissent depuis plusieurs mois une répression de plus en plus intense : opposition et journalistes muselés, arrestations de militant.e.s par milliers, villes kurdes assiégées par l’armée, assassinats de civils, etc. La répression touche également les universités, et près de 2000 étudiant.e.s sont actuellement emprisonné.e.s pour des raisons politiques.

Le gouvernement français, qui continue de soutenir l’Etat turc (pays membre de l’OTAN tout comme la France), est complice de la répression qui frappe les progressistes turc.que.s et kurdes et les affaiblit face à Daesh. Depuis 2011, un accord de coopération policière et militaire signée avec la Turquie facilite ainsi l’extradition de militant.e.s progressistes turc.que.s et kurdes réfugié.e.s en France. De plus, le PKK figurant toujours sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne, leurs militant.e.s sont également poursuivi.e.s en France.

Après les terribles attentats qui ont ensanglanté Paris et de nombreuses villes dans le monde, il est plus que jamais nécessaire d’amplifier le mouvement de solidarité avec les forces progressistes et révolutionnaires qui combattent Daesh et qui œuvrent pour la construction d’une société démocratique, égalitaire et pour la justice sociale. Nous nous y emploierons à Besançon, en favorisant les conditions d’une convergence des organisations du mouvement social sur cette question et en y associant nos camarades progressistes turc.que.s et kurdes.

Communiqué du 1er décembre 2015

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Quelques photos de la conférence du 22 octobre de Yasin Duman à la faculté de lettres :