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Rencontre avec Fabrice Riceputi, autour de son ouvrage La bataille d’Einaudi. Comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République. Il y sera question de la mémoire comme enjeu de lutte, de la difficile reconnaissance par l’État français d’une partie de son histoire, entachée de crimes coloniaux, et tout particulièrement du massacre d’état perpétré à l’égard d’Algériens et d’Algériennes le 17 octobre 1961 dans les rues de Paris.

Lundi 24 octobre à 19h, à l’amphi Donzelot (fac de lettres – rue Mégevand)

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Fabrice Riceputi, La bataille d’Einaudi. Comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République, Clermont-Ferrand, Le Passager clandestin, 2015, 225 pages

Prix 2016 du livre anti-colonial.

Il est d’abord ici question d’un homme, Jean-Luc Einaudi, et aussi d’un procès, celui, en octobre 1997, de Maurice Papon et de son rôle sous l’Occupation. Einaudi est l’auteur d’un livre intitulé La bataille de Paris. 17 octobre 1961, publié six ans auparavant, et c’est à ce titre qu’il vient à la barre : les parties civiles lui ont confié la lourde responsabilité d’être leurseul « témoin d’immoralité » sur la période algérienne de Papon. Le temps d’une journée d’audience, le 16 octobre 1997, ce « citoyen-chercheur » va ouvrir une brèche dans le mur de silence derrière lequel le consensus national avait relégué le massacre de plusieurs centaines d’Algériens dans les rues de Paris, sous la responsabilité de son préfet de police.

Au fil d’un récit documenté et passionnant, Fabrice Riceputi retrace les trois décennies du combat mené par Einaudi pour l’élucidation historique et la reconnaissance politique d’un crime colonial d’État. Du travail d’enquête solitaire qui permit de redonner « un nom et une adresse » à ce crime nié officiellement et demeuré jusque-là une sorte de rumeur mémorielle, en passant par le double procès retentissant qui aboutit à la reconnaissance du « massacre » par la Justice française et à l’éclatement de la vérité historique, jusqu’au rappel de la résistance acharnée de l’appareil d’État lui-même à livrer ses secrets contenus dans les Archives – cette autre « grande muette » de nos institutions comme en témoigne l’affaire Grand-Lainé –, c’est en définitive à une réflexion profonde sur l’incapacité de notre société à regarder en face son histoire coloniale que nous convie l’auteur. S’achevant sur un tableau effarant du déni qui, sur cette affaire comme sur d’autres, persiste encore au sein du corps social, ce livre constitue un vigoureux plaidoyer pour l’acceptation pleine et entière d’un héritage dont l’occultation alimente, aujourd’hui plus que jamais, les formes les plus dangereuses de retour du refoulé.

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Conférence-débat sur l’état d’urgence le 29 janvier à Besançon

Alors que le président de la République vient de confirmer qu’il envisage de prolonger à nouveau l’état d’urgence en France pour trois mois et alors que le Premier ministre affirme que cet état d’exception attentatoire aux libertés démocratiques n’aurait de fin qu’avec celle « de l’État Islamique », le collectif bisontin contre l’état d’urgence, soucieux d’informer et d’alerter sur les dangers de ces mesures, invite à :

une conférence-débat le vendredi 29 janvier à 20 h, Salle Battant.

Les intervenantes seront Clarisse Taron et Aurélie Meyer, membres du Syndicat de la Magistrature.

Contacts presse : Maryse Marchand : 03 81 59 90 13 / Fabrice Riceputi : 06 30 73 08 81

Collectif contre l’état d’urgence : ACCMMA, Action Populaire, AMEB Solidaires Etudiant.e.s, ATTAC,CDDLE, Collectif Antifasciste de Besançon, Confédération Paysanne, FSU, Solidaires, Syndicat de la Magistrature, LDH, Mouvement de la Paix, MRAP, EELV, Ensemble !, NPA, PCF, PG, Citoyen.ne.s

réunion publique 29 janvier 2016

Conférence/débat

Avec William Blanc

autour du livre qu’il a co-écrit avec Christophe Naudin :

Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire

Jeudi 4 février à 19h

Fac de lettres – amphi Donzelot (32 rue Mégevand)

Entrée libre

Conférence organisée par l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s, avec le soutien du Collectif Antifasciste de Besançon.

William Blanc est doctorant en histoire médiévale. Il collabore au magazine Histoire et images médiévales et a coécrit Les Historiens de garde (Inculte, 2013) avec Christophe Naudin et Aurore Chery.

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La bataille de Poitiers, en 732 (ou 733), opposant les troupes arabo-berbères d’Abd al-Rahmân aux Francs de Charles Martel, est un événement de l’histoire de France peu à peu devenu mythe historiographique et enjeu de mémoire. Alors que le dernier livre véritablement consacré à la question date de 1966, les années 2000 ont vu l’apparition d’un nombre croissant de publications souvent écrites sans distance ni mesure. Au même moment, la commémoration de l’événement est devenue l’objet d’utilisations politiques par l’extrême droite occidentale, phénomène qui a culminé en France avec l’occupation, en octobre 2012, du chantier de la mosquée de Poitiers par le groupe Génération identitaire, puis par la propagation, en janvier 2015, du slogan « Je suis Charlie Martel », à la suite du massacre de Charlie Hebdo.

Alors que les mémoires s’enflamment, cet ouvrage inédit propose de revenir tout d’abord à l’histoire mal connue de la bataille en la resituant dans le contexte large des relations entre le monde franc et l’empire islamique. Puis d’analyser, en deuxième partie, les échos successifs rencontrés par le souvenir de la bataille au Moyen Âge, à l’époque moderne, auprès des philosophes des Lumières et des romantiques, dans les écoles de la IIIe et de la IVe République et au sein de la culture populaire. Une attention particulière est portée à l’actualité récente du mythe de Poitiers, notamment au sein des extrêmes droites française et européenne.

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William Blanc présentera également son ouvrage le lendemain à Dijon, à 19h au Black Market.

Communiqué de l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s :

Amplifions le soutien aux organisations progressistes et révolutionnaires qui combattent Daesh !

Depuis le début de l’année 2015, la fédération Solidaires Etudiant-e-s mène dans les universités françaises une campagne de solidarité internationale avec les peuples du Rojava (Kurdistan syrien), qui ont proclamé il y a deux ans « l’autonomie démocratique » de la région, désormais indépendante du régime dictatorial de Bashar Al-Assad. Le processus révolutionnaire à l’œuvre dans le Rojava s’appuie sur un système d’auto-gouvernement contrôlé par des assemblées populaires. Il est basé notamment sur l’égalité des sexes, la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et anticapitalistes. Dans ce cadre, une « académie » (université) de sciences sociales de Mésopotamie, multiculturelle et multilingue, a ouvert ses portes dans le Rojava. Répondant à l’appel des étudiant.e.s de cette université, Solidaires Etudiant.e.s a participé à la campagne « Des livres pour Rojava », consistant à envoyer des livres de sciences humaines et sociales afin de développer la bibliothèque universitaire de l’académie. A Besançon, nous avons ainsi récolté au printemps dernier plusieurs centaines de livres pour le Rojava.

Dans le prolongement de cette campagne, nous avons accueilli le 22 octobre Yasin Duman, jeune kurde et coordinateur en Turquie de la campagne « Des livres pour Rojava ». En tournée dans plusieurs universités françaises et suisses, Yasin Duman est venu présenter la situation au Kurdistan, la révolution à l’œuvre dans le Rojava ainsi que le fonctionnement de l’académie, dans laquelle il a enseigné. Cette conférence a connu un grand succès, avec plus de 70 personnes présentes.

Quelques semaines plus tard, l’actualité nous a conduit à organiser une nouvelle soirée de discussion et de débat en lien avec la question kurde, suite aux élections législatives du 1er novembre en Turquie. Nous avons ainsi invité le 10 novembre Thibaut Bize, qui était présent en Turquie le jour des élections avec une délégation d’observateurs internationaux. Malgré des délais très courts d’organisation, nous avons fait salle comble avec plus de 60 participants. Dans son témoignage, Thibaut Bize a fait un compte-rendu très détaillé sur l’atmosphère générale en Turquie à la veille des élections. Il a ensuite fait état des tensions et des multiples entraves des autorités pour empêcher la bonne tenue du scrutin (absence d’isoloir, présence d’hommes armés dans les bureaux de vote, menaces et intimidations, etc) qu’il a pu observer dans les bureaux de vote.

Malheureusement, le bon déroulement de ces deux soirées a été à chaque fois perturbé par la présence d’une quinzaine de nationalistes turcs et fervents défenseurs du régime autoritaire du président turc Erdogan et de son parti l’AKP. Multipliant les tentatives d’obstruction du débat, toutes leurs interventions – souvent à court d’arguments – étaient concentrées sur l’assimilation de toutes les forces progressistes d’opposition turques et kurdes avec le terrorisme. Ils ont également tenté à plusieurs reprises de prendre en photo et en vidéo les intervenants et les membres du public présents (une volonté de fichage politique?), contre l’avis de ces derniers. Plus grave encore, à la sortie de la seconde conférence, l’un des militant.e.s de l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s a reçu des menaces physiques de la part d’un des membres de ce groupe.

L’AMEB Solidaires Etudiant.e.s condamne fermement ces agissements et ne se laissera pas intimider par les défenseurs zélés du pouvoir autoritaire et fascisant turc.

Aujourd’hui, le soutien aux forces progressistes et révolutionnaires du Proche-Orient est plus que jamais nécessaire. Parmi ces dernières, les organisations combattantes kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), des YPG (Unités de protection du peuple) et des YPJ (Unités combattantes de femmes), constituent l’une des principales forces de la résistance contre Daesh. Ainsi, à travers le combat armé qui oppose dans le Rojava les progressistes kurdes aux soldats de Daesh, ce sont deux projets de société antagonistes qui s’affrontent : l’un obscurantiste, fasciste et totalitaire, l’autre révolutionnaire, démocratique, égalitaire et féministe.

Mais Daesh peut compter sur des soutiens de poids dans la région : les pétro-monarchies du Golf (Arabie Saoudite, Quatar) et l’Etat turc, pourtant alliés et partenaires économiques et militaires privilégiés de la France et des puissances occidentales.

Les preuves de la complicité, si ce n’est du soutien ouvert, des autorités turques vis-à-vis de Daesh ont été à maintes reprises dévoilées : c’est notamment par la frontière turque que transitent l’argent, le pétrole, les armes et les combattants de Daesh, alors que les kurdes souhaitant rejoindre le front progressiste dans le Rojava sont bloqués. Pire, l’Etat turc a repris depuis cet été ses bombardements contre les positions du PKK en Turquie, en Irak et en Syrie, affaiblissant ainsi la résistance à Daesh. À l’intérieur de la Turquie enfin, les progressistes et les révolutionnaires turc.ques et kurdes subissent depuis plusieurs mois une répression de plus en plus intense : opposition et journalistes muselés, arrestations de militant.e.s par milliers, villes kurdes assiégées par l’armée, assassinats de civils, etc. La répression touche également les universités, et près de 2000 étudiant.e.s sont actuellement emprisonné.e.s pour des raisons politiques.

Le gouvernement français, qui continue de soutenir l’Etat turc (pays membre de l’OTAN tout comme la France), est complice de la répression qui frappe les progressistes turc.que.s et kurdes et les affaiblit face à Daesh. Depuis 2011, un accord de coopération policière et militaire signée avec la Turquie facilite ainsi l’extradition de militant.e.s progressistes turc.que.s et kurdes réfugié.e.s en France. De plus, le PKK figurant toujours sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne, leurs militant.e.s sont également poursuivi.e.s en France.

Après les terribles attentats qui ont ensanglanté Paris et de nombreuses villes dans le monde, il est plus que jamais nécessaire d’amplifier le mouvement de solidarité avec les forces progressistes et révolutionnaires qui combattent Daesh et qui œuvrent pour la construction d’une société démocratique, égalitaire et pour la justice sociale. Nous nous y emploierons à Besançon, en favorisant les conditions d’une convergence des organisations du mouvement social sur cette question et en y associant nos camarades progressistes turc.que.s et kurdes.

Communiqué du 1er décembre 2015

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Quelques photos de la conférence du 22 octobre de Yasin Duman à la faculté de lettres :

Bernard Friot

Stop Tafta 28 mai Le HyaricConférence-débat
avec Patrick Le Hyaric
jeudi 28 mai à 20h * salle de la Malcombe à Besançon

Un vote important se prépare actuellement au Parlement européen sur le TAFTA, accord de libre-échange avec les Etats-Unis, d’abord le 28 mai dans la commission du commerce international du parlement européen (INTA pour les intimes), puis en plénière le 10 juin, vous pouvez agir !

Plus d’infos : https://www.libre-echange.info/veille/article/vote-important-au-parlement

Par ailleurs, le dixième round de négociation se tiendra à Bruxelles entre le 13 et 17 juillet.

C’est dans ce contexte que Patrick Le Hyaric sera notre invité à Besançon. Député européen GUE/NGL (Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique), Patrick Le Hyaric est aussi l’auteur du livre Le Grand Marché Transatlantique, Dracula contre les peuples. Avec lui nous pourrons aborder et débattre des prochaines échéances institutionnelles européennes concernant TAFTA et des luttes en cours et à mener à tous les niveaux et plus spécifiquement au niveau européen.

Après avoir réuni près de 600 personnes lors d’une conférence Grand Kursaal le 10 février dernier, près de 700 personnes dans la rue le 18 avril, le collectif stopTAFTA de Besançon poursuit son combat contre le Grand Marché Transatlantique, et organise donc cette conférence-débat le jeudi 28 mai.

Nous appelons donc la population bisontine et franc-comtoise à venir s’informer jeudi 28 mai pour continuer la lutte contre ce traité de libre-échange. Le TAFTA et les autres traités de libre-échange ne prospèrent que grâce à l’opacité qui les entoure. C’est en exposant ces vampires à la lumière que nous les ferons disparaitre. Le 28 mai, faisons de nouveau jouer l’ « effet Dracula », et braquons nos projecteurs sur ces accords pour les réduire en cendres !

Samedi 30 mai, initiative Franche-Comté sans OGM : semis des graines de lutte pour le climat, à 10h, à Dannemarie-sur-Crète :

http://fcsansogm.hautetfort.com/archive/2015/05/25/30-31-mai-2015-1000-initiatives-pour-le-climat-semis-des-gra-5627982.html

Mercredi 15 avril, conférence/débat sur le Kurdistan
Avec Michel Laurent, de l’Association France-Kurdistan
A 18h30 à l’amphi Donzelot dans la fac de lettres (32 rue Mégevand)

Affiche conférence

Conférence organisée dans le cadre de la campagne « Des livres pour Rojava », pour développer une bibliothèque universitaire dans le Kurdistan Syrien et soutenir la résistance kurde contre Daesh.

Venez donner vos livres de sciences humaines (de préférence en français, arabe et kurde) lors de cette conférence !

Plus d’informations sur cette campagne en cliquant sur l’affiche ci dessous :

Affiche

Egalement la page de la campagne nationale : https://www.facebook.com/deslivrespourrojava?fref=ts