Communiqué de l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s :

Amplifions le soutien aux organisations progressistes et révolutionnaires qui combattent Daesh !

Depuis le début de l’année 2015, la fédération Solidaires Etudiant-e-s mène dans les universités françaises une campagne de solidarité internationale avec les peuples du Rojava (Kurdistan syrien), qui ont proclamé il y a deux ans « l’autonomie démocratique » de la région, désormais indépendante du régime dictatorial de Bashar Al-Assad. Le processus révolutionnaire à l’œuvre dans le Rojava s’appuie sur un système d’auto-gouvernement contrôlé par des assemblées populaires. Il est basé notamment sur l’égalité des sexes, la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et anticapitalistes. Dans ce cadre, une « académie » (université) de sciences sociales de Mésopotamie, multiculturelle et multilingue, a ouvert ses portes dans le Rojava. Répondant à l’appel des étudiant.e.s de cette université, Solidaires Etudiant.e.s a participé à la campagne « Des livres pour Rojava », consistant à envoyer des livres de sciences humaines et sociales afin de développer la bibliothèque universitaire de l’académie. A Besançon, nous avons ainsi récolté au printemps dernier plusieurs centaines de livres pour le Rojava.

Dans le prolongement de cette campagne, nous avons accueilli le 22 octobre Yasin Duman, jeune kurde et coordinateur en Turquie de la campagne « Des livres pour Rojava ». En tournée dans plusieurs universités françaises et suisses, Yasin Duman est venu présenter la situation au Kurdistan, la révolution à l’œuvre dans le Rojava ainsi que le fonctionnement de l’académie, dans laquelle il a enseigné. Cette conférence a connu un grand succès, avec plus de 70 personnes présentes.

Quelques semaines plus tard, l’actualité nous a conduit à organiser une nouvelle soirée de discussion et de débat en lien avec la question kurde, suite aux élections législatives du 1er novembre en Turquie. Nous avons ainsi invité le 10 novembre Thibaut Bize, qui était présent en Turquie le jour des élections avec une délégation d’observateurs internationaux. Malgré des délais très courts d’organisation, nous avons fait salle comble avec plus de 60 participants. Dans son témoignage, Thibaut Bize a fait un compte-rendu très détaillé sur l’atmosphère générale en Turquie à la veille des élections. Il a ensuite fait état des tensions et des multiples entraves des autorités pour empêcher la bonne tenue du scrutin (absence d’isoloir, présence d’hommes armés dans les bureaux de vote, menaces et intimidations, etc) qu’il a pu observer dans les bureaux de vote.

Malheureusement, le bon déroulement de ces deux soirées a été à chaque fois perturbé par la présence d’une quinzaine de nationalistes turcs et fervents défenseurs du régime autoritaire du président turc Erdogan et de son parti l’AKP. Multipliant les tentatives d’obstruction du débat, toutes leurs interventions – souvent à court d’arguments – étaient concentrées sur l’assimilation de toutes les forces progressistes d’opposition turques et kurdes avec le terrorisme. Ils ont également tenté à plusieurs reprises de prendre en photo et en vidéo les intervenants et les membres du public présents (une volonté de fichage politique?), contre l’avis de ces derniers. Plus grave encore, à la sortie de la seconde conférence, l’un des militant.e.s de l’AMEB Solidaires Etudiant.e.s a reçu des menaces physiques de la part d’un des membres de ce groupe.

L’AMEB Solidaires Etudiant.e.s condamne fermement ces agissements et ne se laissera pas intimider par les défenseurs zélés du pouvoir autoritaire et fascisant turc.

Aujourd’hui, le soutien aux forces progressistes et révolutionnaires du Proche-Orient est plus que jamais nécessaire. Parmi ces dernières, les organisations combattantes kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), des YPG (Unités de protection du peuple) et des YPJ (Unités combattantes de femmes), constituent l’une des principales forces de la résistance contre Daesh. Ainsi, à travers le combat armé qui oppose dans le Rojava les progressistes kurdes aux soldats de Daesh, ce sont deux projets de société antagonistes qui s’affrontent : l’un obscurantiste, fasciste et totalitaire, l’autre révolutionnaire, démocratique, égalitaire et féministe.

Mais Daesh peut compter sur des soutiens de poids dans la région : les pétro-monarchies du Golf (Arabie Saoudite, Quatar) et l’Etat turc, pourtant alliés et partenaires économiques et militaires privilégiés de la France et des puissances occidentales.

Les preuves de la complicité, si ce n’est du soutien ouvert, des autorités turques vis-à-vis de Daesh ont été à maintes reprises dévoilées : c’est notamment par la frontière turque que transitent l’argent, le pétrole, les armes et les combattants de Daesh, alors que les kurdes souhaitant rejoindre le front progressiste dans le Rojava sont bloqués. Pire, l’Etat turc a repris depuis cet été ses bombardements contre les positions du PKK en Turquie, en Irak et en Syrie, affaiblissant ainsi la résistance à Daesh. À l’intérieur de la Turquie enfin, les progressistes et les révolutionnaires turc.ques et kurdes subissent depuis plusieurs mois une répression de plus en plus intense : opposition et journalistes muselés, arrestations de militant.e.s par milliers, villes kurdes assiégées par l’armée, assassinats de civils, etc. La répression touche également les universités, et près de 2000 étudiant.e.s sont actuellement emprisonné.e.s pour des raisons politiques.

Le gouvernement français, qui continue de soutenir l’Etat turc (pays membre de l’OTAN tout comme la France), est complice de la répression qui frappe les progressistes turc.que.s et kurdes et les affaiblit face à Daesh. Depuis 2011, un accord de coopération policière et militaire signée avec la Turquie facilite ainsi l’extradition de militant.e.s progressistes turc.que.s et kurdes réfugié.e.s en France. De plus, le PKK figurant toujours sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne, leurs militant.e.s sont également poursuivi.e.s en France.

Après les terribles attentats qui ont ensanglanté Paris et de nombreuses villes dans le monde, il est plus que jamais nécessaire d’amplifier le mouvement de solidarité avec les forces progressistes et révolutionnaires qui combattent Daesh et qui œuvrent pour la construction d’une société démocratique, égalitaire et pour la justice sociale. Nous nous y emploierons à Besançon, en favorisant les conditions d’une convergence des organisations du mouvement social sur cette question et en y associant nos camarades progressistes turc.que.s et kurdes.

Communiqué du 1er décembre 2015

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Quelques photos de la conférence du 22 octobre de Yasin Duman à la faculté de lettres :

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