Lettre ouverte au président de l’UFC, à propos de l’événement « Besac rencontre ses étudiants »

Publié: 1 octobre 2015 dans Actualité, Université
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Lettre ouverte des syndicats d’étudiant-e-s, d’enseignant-e-s et de personnels AMEB Solidaires Etudiant-e-s, FERC-SUP CGT, SNASUB-FSU et SUD Education à la présidence de l’Université de Franche-Comté, à propos de l’événement « Besac’ rencontre ses étudiants » :

Le « grand jeu de piste » de la BAF mérite-il la suppression d’une demi-journée entière de cours pour tou-te-s les étudiant-e-s ?

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A l’attention de Monsieur Jacques Bahi

Président de l’Université de Franche-Comté

Besançon, le 1er octobre 2015

Monsieur le Président,

            Nous apprenons avec surprise que ce jeudi 1er octobre, une grande partie des cours de l’après-midi devant se tenir dans les différents UFR de l’Université de Franche-Comté a été supprimée et reportée à une date ultérieure. Or, à notre connaissance, il n’y a ce jour-ci aucune manifestation universitaire ou scientifique ne nécessitant une telle décision, ni aucun événement d’une nature exceptionnelle telle qu’elle exige l’annulation d’une demi-journée entière de cours.

            Pourtant, étrange coïncidence, l’association Besançon Associations Fédérées (BAF) organise ce même jeudi 1er octobre à partir de 14 heures une grande manifestation au centre-ville, baptisée « Besac’ rencontre ses étudiants ». Au programme de cette journée ludique : diverses activités (jeux, musique, sport…), des stands d’organismes institutionnels (CROUS, CAF, etc) et de « partenaires privés », et surtout un grand jeu de piste permettant de gagner une console de jeux vidéo, une tablette ou un Ipod…

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            Cet événement étant co-organisé avec l’Université de Franche-Comté et la ville de Besançon, il semble donc bien à l’origine de la dé-programmation des enseignements prévus ce jour-là.

            Or, les enseignant-e-s et les étudiant-e-s n’ont en aucune manière été informé-e-s officiellement de cette interruption des cours. Ils/elles l’ont découvert sur le logiciel d’emploi du temps en ligne ADE, sans plus d’information. Ont-ils/elles été consulté-e-s en amont ? A-t-on recueilli leurs avis quant à la suppression d’une demi-journée de cours ? Non.

            La moindre des choses, Monsieur le Président, est d’informer l’ensemble des acteurs-rices de l’Université d’une telle décision. Cette omission est-elle volontaire, par crainte du mécontentement qu’elle aurait engendré ? Car assurément, nombreux-ses sont les enseignant-e-s et les étudiant-e-s qui se sentiront lésé-e-s lorsqu’ils/elles apprendront qu’ils/elles doivent revenir travailler un samedi matin (et même après-midi dans certaines filières) pour rattraper cette demi-journée journée supprimée pour cause de « grand jeu de piste » organisé en centre-ville. D’autant plus que le jeudi précédent, de nombreux cours avaient déjà été supprimés – et seront également à rattraper –, pour cause cette fois de « color run» organisée à la Bouloie.

            Alors que les salles et les créneaux horaires se font rares en cas de nécessité de rattrapage d’heures de cours, nous estimons ne pas pouvoir – ni vouloir – nous payer le luxe de voir une demi-journée de cours simplement annulée dans le seul but d’assurer le succès d’un après-midi de divertissement. Alors que cette rentrée 2015 est particulièrement difficile, marquée par une aggravation des conditions d’études et de travail des étudiant-e-s et des personnels – conséquence de l’application des dernières réformes universitaires et des réductions des budgets des universités –, cette décision nous apparaît scandaleuse et non respectueuse des personnes qui y étudient et y travaillent.

            Enfin, si cette opération ressemble avant tout à une opération de communication de la ville de Besançon et de l’Université de Franche-Comté (UFC), elle met également en lumière les liens entretenus entre la BAF et la présidence de l’UFC, qui impose à tou-te-s les étudiant-e-s une vacance le jour de l’événement de rentrée de la BAF.

            En cette année d’élections universitaires, c’est donc une belle publicité qui est offerte ici à la BAF par la présidence de l’UFC, qui sait remercier cette association « amie » de la docilité dont elle fait preuve tout au long de l’année au sein du Conseil d’Administration de l’UFC. Car en effet, rappelons que si la BAF, qui regroupe les différentes corporations étudiantes de Besançon, est avant tout connue des étudiant-e-s pour les soirées qu’elles organisent le jeudi soir, elle n’est pas neutre et encore moins « apolitique » comme elle le prétend. Antenne locale de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes), la BAF, tout comme les syndicats étudiants, se présente aux élections universitaires. Elle est majoritaire dans les conseils centraux de l’Université, au sein desquels elles ne fait d’ailleurs qu’appliquer les politiques à l’œuvre de casse du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Est-il normal qu’une organisation briguant les mandats des étudiant-e-s, et donc fondamentalement politique, bénéficie d’un tel soutien de la part de l’UFC ? Nous ne le pensons pas.

            Force est de constater que la présidence de l’UFC est plus prompte à octroyer ce genre de faveur qu’à accorder un aménagement de cours (une simple dispense d’assiduité par exemple) pour les étudiant-e-s qui sont salarié-e-s ou lors d’un mouvement social de défense de l’Université et de nos conditions d’études.

            Monsieur le Président, nous vous demandons donc de faire cesser ce genre de pratique afin d’assurer le bon fonctionnement et l’égalité entre toutes et tous à l’Université.

            Nous espérons enfin une indulgence analogue de votre part vis-à-vis des étudiant-e-s souhaitant s’absenter afin de participer le 8 octobre à la journée nationale de mobilisation interprofessionnelle contre les politiques d’austérité, ainsi qu’à la journée nationale de mobilisation du 16 octobre pour la défense du service public universitaire, appelée par l’intersyndicale nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Avec nos respectueuses salutations,

L’AMEB Solidaires Étudiant-e-s,

La FERC-SUP CGT,

Le SNASUB-FSU,

SUD Education

Le communiqué en PDF : cliquez ici

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