Le problème des bourses pour préparer les concours n’est toujours pas réglé

Publié: 7 juin 2014 dans Actualité, Fédération, Université, Éducation et Recherche
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Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant-e-s du 31 mai 2014

Dans son communiqué du 5 mars 2014, la fédération Solidaires Étudiant-e-s informait de la suppression en douce des bourses sur critères sociaux pour les étudiant-e-s préparant les concours de l’enseignement après l’obtention d’un master. Trois mois après et malgré ce que l’on peut trouver dans la presse, les futurs agrégatif-ve-s sont toujours dans une situation catastrophique. La seule réaction du ministère, très discret sur cette affaire, consiste à répondre qu’il ne s’agit que d’une erreur d’interprétation de la part des CROUS, mais il n’en est rien.

Il faut en effet distinguer deux problèmes :

– Premièrement, pour les étudiant-e-s n’ayant pas consommé leurs trois droits de bourses au cours de leur master : ils se sont vus notifier un refus de la part des CROUS au motif que la préparation à l’agrégation ne faisait plus partie des formations ouvrant droit à bourse. Il s’agit là en effet d’une incohérence vis-à-vis de la circulaire (article 1 de l’annexe 1, 33e tiret), mais nous doutons que cette erreur soit fortuite.

– Secondement, pour les étudiant-e-s ayant consommé leurs 3 droits de bourses master (qu’ils et elles aient redoublé ou échoué une première fois au concours) le problème reste entier, en effet, ces dernier-e-s se sont vus notifier un refus au motif « droits masters épuisés ». De plus, la mesure ne concerne pas seulement les agrégatif-ve-s, mais tous et toutes les étudiant- e-s souhaitant préparer un concours de l’enseignement post-master.

Une question de justice sociale

Plus les étudiant-e-s avancent dans leur cursus, plus la sélection sociale se fait ressentir. Supprimer les bourses sur critères sociaux pour la préparation des concours, c’est tout simplement empêcher les étudiant-e-s les plus pauvres de finaliser 5 années d’études supérieures, ou de les pousser à s’endetter. D’autant plus que l’agrégation tend à constituer un moyen de sélection en soi, lors de la candidature pour un contrat doctoral, puis, plus tard, lors de la qualification en CNU. Cette pratique, certes absurde puisque l’agrégation est un concours pour enseigner dans le secondaire et auquel il faut renoncer lors de la qualification, est une réalité. Cette mesure a donc pour finalité de restreindre encore plus l’accès des plus modestes aux carrières universitaires, tout en grossissant le vivier des potentiels précaires de l’enseignement supérieur.

La suppression des bourses, un cheval de Troie pour la suppression du concours de l’agrégation ?

Si elle pose un réel souci d’équité, la suppression des bourses pour la préparation de l’agrégation suscite d’autres questions. Il est légitime compte tenu des méthodes douteuses des ministres de l’ESR qui se sont succédé-e-s de se demander s’il ne s’agit pas d’un moyen pour étoffer, à terme, le discours sur l’inutilité du concours. En effet, la suppression des bourses va produire une diminution du nombre d’inscrit-e-s dans les préparations (soit que les étudiant-e-s décident de préparer en candidat libre, soit qu’ils ou elles renoncent purement à passer le concours). À l’heure des restrictions budgétaires, de nombreuses universités non-parisiennes pourraient dès lors se poser la question de la viabilité de cette formation, créant ainsi les conditions de la remise en cause de ce concours au niveau national (trop élitiste, trop parisien, qui coûte trop cher). Si nous pensons que la nature et le rôle de l’agrégation peuvent faire l’objet de discussions et d’une éventuelle remise à plat, nous déplorons les moyens employés par le ministère.

Une attaque supplémentaire du master recherche ?

Après leur licence, comment les étudiant-e-s vont-il-elle-s envisager la suite de leur parcours ? Faire un master recherche au risque de se retrouver sans bourse lors de la préparation d’un concours de l’enseignement leur permettant soit de continuer sereinement vers un doctorat, soit de devenir professeur-e du secondaire ? Il apparaît qu’ils et elles seront nombreux-ses à faire, par défaut, le choix d’un master enseignement.

Étudiant-e-s, enseignant-e-s, chercheur-se-s se mobilisent contre cette mesure injuste et contreproductive, qui va complètement à l’encontre des annonces faites par le gouvernement.

La fédération Solidaire Étudiant-e-s soutient l’ensemble de leurs démarches individuelles et collectives prises ces derniers mois. Face aux syndicats et aux associations qui applaudissent le démenti du ministère, nous rappelons qu’il ne concerne qu’une partie du problème, à savoir la présence de l’agrégation dans les formations ouvrant droit à bourse, et qu’en aucun cas ce démenti ne rétablit les étudiant-e-s dans les droits qui leur ont été ôtés.

Nous sommes à la disposition de tous les étudiants et de toutes les étudiantes qui auraient besoin de soutien et d’aide dans la constitution d’un dossier de recours auprès des recteurs et rectrices.

Nous appelons le gouvernement à réagir publiquement et rapidement, afin de sortir les étudiant- e-s de l’expectative dans laquelle ils et elles se trouvent.

La fédération Solidaires Étudiant-e-s réclame donc une nouvelle circulaire intégrant de manière claire :

– Le rétablissement de l’année de préparation à l’agrégation dans les formations ouvrant droit à bourses.

– Le rétablissement du paragraphe concernant les trois droits supplémentaires pour les étudiant-e-s préparant un concours de l’enseignement post-master.

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