La situation des étudiant-e-s étranger-e-s est une question centrale à l’heure de la montée du racisme et de la criminalisation croissante de l’immigration dans les discours et dans les politiques concrètes. L’ouverture des universités et des frontières à toutes et à tous doit être l’une de nos préoccupations et élaborer un appel à ce sujet est, en soi, une initiative salutaire.

L’Unef a donc fait circuler depuis un mois, un appel unitaire, « Etrangers peut-être, étudiants d’abord ! », signé par de nombreux syndicats, partis, élus et associations. Malheureusement cet appel est, pour nous, inacceptable.

D’abord, ce texte est notoirement « corporatiste » en ne parlant exclusivement que des étudiant-e-s étranger-e-s. Cette question s’inscrit dans un contexte plus global de montée des discours discriminatoires et des expulsions, de multiplication des politiques de criminalisation des migrations et d’accélération des inégalités entre pays riches et pays pauvres du fait de la mondialisation capitaliste et des politiques néocolonialistes des pays riches.

Nous ne nous battons pas pour « l’attractivité de la France » mais pour la libre circulation et le droit d’installation de tout-e ressortissant-e étranger-e. Nous ne sommes pas là pour favoriser un groupe par rapport à un autre mais pour lutter, de manière globale contre les politiques discriminatoires. Ne parler que des étudiant-e-s, c’est ainsi oublier que le passage du statut d’ »étudiant étranger » à celui de « travailleur étranger » est extrêmement délicat, la France préférant voir ces étudiant-e-s étranger-e-s rentrer dans leur pays d’origine, quand elle ne les exploitent pas à des fins purement économique. De plus les universités françaises sont loin d’être dans une situation optimale permettant la réussite de tou-te-s les étudiant-e-s : difficultés budgétaires, mise en concurrence des universités et des filières, dégradation des conditions d’études…

Si cet appel revendique un titre de séjour pluriannuel et remet en cause la déconnexion entre le pédagogique et l’administratif, il ne remet pas en cause la sélection drastique des étudiant-e-s étranger-e-s pratiquée par Campus France. Ce n’est ni à Campus France, ni aux préfectures, ni aux universités, ni à personne de sélectionner les « meilleur-e-s » étudiant-e-s utiles au « développement économique » et au « redressement productif » de la France. L’inscription à l’université doit être un même droit, qu’on soit « français-e- » ou « étranger-e- » !

En ne revendiquant pas une égalité de traitement entre étudiant-e-s étranger-e-s et les autres étudiant-e-s, notamment par le refus de l’obligation de justifier des ressources mensuelles régulières, d’avoir à justifier un redoublement ou des choix d’orientations, cet appel cultive une ambiguïté qui tend à reproduire la logique raciste et bureaucratique des préfectures.

Contre toutes les expulsions et discriminations !
Régularisation de tou-te-s les sans papiers !

Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant-e-s du 8 Mai 2014.

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