SUPPRESSION DU MASTER AGÉPOS : PETITS ARRANGEMENTS DANS LE DOS DES ÉTUDIANT-E-S

Publié: 2 juillet 2013 dans Actualité, Université, Éducation et Recherche

Suite à la pétition intitulée Communiqué des étudiant-e-s, enseignant-e-s, chercheur-euse-s, technicien-ne-s concerné-e-s par le Master de Sociologie « Analyse et Gestion des Politiques Sociales » que nous avons relayée le 20 Juin, plusieurs éléments nous étant parvenus sur les dessous de la suppression du master nous amènent aujourd’hui à dénoncer des méthodes mandarinales et de cogestion au sein de l’Université de Franche-Comté.

Ce qui avait pu être perçu comme une victoire des enseignant-e-s et des étudiant-e-s l’année dernière quand le master de sociologie « Solidarités en milieux rural et urbain » (SMRU) avait finalement été inscrit à la carte des formations UFC après une menace de non-ouverture se révèle en fait être le fruit d’arrangements subreptices. Alors que cette formation n’avait pas été jugée pertinente par l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche dans l’enseignement supérieur aux critères d’appréciation plus que discutables), sa responsable Dominique Jacques-Jouvenot – qui dirige également le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LASA) – était parvenue à convaincre le président Jacques Bahi de le mettre en place. Les négociations de l’époque s’étaient faites avec l’appui des représentants CGT (dont D.J-J est proche) et du directeur de l’UFR SLHS André Mariage qui avaient assisté-e-s à l’entretien. Le SNPREES-FO en l’ayant appris avait souhaité accéder au compte-rendu de l’entretien mais il n’a jamais été produit, J.Bahi ayant demandé à l’époque qu’aucune publicité ne soit faite autour du maintien.

Il aura fallu attendre près d’un an pour comprendre ce qui était en jeu : la condition à l’ouverture du master « Solidarités en milieux rural et urbain » pour 2012-2013 impliquait qu’y soit fondu le master « Analyse et Gestion des Politiques Sociales » l’année suivante : il n’avait jamais été question de conserver l’ensemble des formations du deuxième cycle. Le responsable du master AGÉPOS Christian Guinchard, lui aussi chercheur au LASA, a joué toute l’année sur l’incertitude auprès des étudiants de M1 : on s’étonne qu’en étant un des plus proches collaborateurs de D.Jacques-Jouvenot (qui ne cesse d’affirmer que l’intégration n’était plus un secret pour personne depuis Septembre dernier), celui-ci n’ait pas dit la vérité plus tôt ; d’ailleurs aujourd’hui il n’est absolument pas opposé à l’intégration du master AGÉPOS dans la formation SMRU. Des vieux dossiers ressortent : l’an dernier, la responsable d’un master d’une autre UFR avait vu D.Jacques-Jouvenot tenter de la dissuader d’envoyer des étudiants en AGÉPOS en arguant de sa médiocrité (pourtant, ce master a obtenu les meilleures notes de l’AERES) ; Bruno Laffort, enseignant d’une UE dans le master AGÉPOS (mais chercheur dans un autre laboratoire, le C3S) et qui aurait du diriger la formation après le départ en retraite de l’ancien responsable Alain Bihr, après avoir été écarté de la direction voit aujourd’hui son cours supprimé ; le fait qu’il connaisse des tensions avec le LASA depuis plusieurs années n’y est sûrement pas étranger.

Bref, qu’il s’agisse de la présidence de l’UFC ou du LASA, rien n’a jamais été communiqué aux étudiant-e-s souhaitant s’engager dans le parcours AGÉPOS avant la sentence. Ces dernier-e-s ont été mis-es au pied du mur alors que tout se savait depuis belle lurette. Le directeur de l’UFR SLHS A.Mariage n’est pas en reste, de même que le vice-président du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) Frédéric Muyard : les étudiant-e-s en M1 qui se battent pour continuer leur cursus les ont rencontrés en délégation Mercredi 26 Juin avec un élu AMEB-Solidaires Etudiant-e-s, pour eux : aucun problème, la suppression de deux UE et la modification du contenu des deux restantes n’empêcheront pas ces étudiant-e-s d’être compétent-e-s en matière d’analyse et de gestion des politiques sociales. Ce qu’ils leur proposent en échange ? Préserver l’intitulé « AGÉPOS » sur le diplôme qui leur sera remis au terme du M2 (et s’il y a des insatisfaits, le doyen leur a fait savoir qu’ils n’ont qu’à « aller voir ailleurs »), en gros : faire croire qu’ils auront obtenu ce master alors qu’ils n’auront pas eu la formation appropriée (est-ce seulement légal ?). Pourquoi un tel acharnement alors qu’en 2008, un cas similaire à l’UFR SLHS (des M1 qui demandaient le prolongement de leur formation une année pour passer le M2 prévu initialement) avait obtenu gain de cause ? Un moyen de faire des économies ? Même pas a avoué A.Mariage ! Le budget existe !

Jeudi 27 Juin, lors du Conseil de Gestion de l’UFR, l’AMEB-Solidaires Étudiant-e-s a proposé une motion visant à ce que le CG se déclare favorable au maintien de ce master, tou-te-s les enseignant-e-s et personnel-le-s élu-e-s se sont abstenu-e-s ; et fait inconcevable : les élus BAF (pourtant censés protéger les intérêts de leurs collègues étudiant-e-s) se sont abstenus aussi ! Il faut dire que D.Jacques-Jouvenot et A.Mariage ont semé la confusion devant tout le CG en assurant que cette suppression avait été concertée avec tou-te-s les enseignant-e-s concerné-e-s, ce qui est faux, puisque B.Laffort et I.Sauvage-Clerc (responsable d’une formation pré-AGÉPOS à l’IRTS, le DEIS : Diplôme d’État d’Ingénierie Sociale) n’ont jamais été consulté-e-s. Et quand bien même ! Même si le corps enseignant s’était montré unanime, où est la voix des étudiant-e-s dans toute cette histoire ? Nulle part évidemment ! Ces méthodes autoritaires sont tout bonnement inacceptables ! Seul-e-s les mandaté-e-s de notre syndicat ont voté la motion, il semble donc que tout le monde à part nous soit décidé à abandonner les masterisants Agépos à leur triste sort.

Tandis que la pétition publique (http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/a-la-direction-de-l-universit%C3%A9-de-franche-comt%C3%A9-r%C3%A9ouverture-du-master-administration-et-gestion-des-politiques-sociales) de soutien aux Agépos approche maintenant les 500 signatures (près de deux fois plus que pour celle ayant tourné l’année dernière en soutien aux SMRU), les 20 étudiant-e-s décidé-e-s à passer le M2 qui leur avait été promis restent déterminé-e-s. Ils ont tenu une assemblée générale dimanche 30/06 pour s’entendre sur les moyens d’action à adopter, l’AMEB-Solidaires Étudiant-e-s y était invitée, nous restons à leur disposition pour les soutenir et les assister dans leur lutte, ce qui va commencer par un tractage ce Jeudi 4 Juillet à l’UFR ST lors du Congrès de l’UFC.

CONTRE LE MANDARINAT ET LA COGESTION :

S’ORGANISER POUR RÉSISTER !

AGIR POUR SE FAIRE RESPECTER !

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